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Poème partagé par yoledelatole4 – création poétique en ligne
Au début, il n’y avait rien si ce n’était qu’un silence lourd et une pesante obscurité
EtLe décorum d’une salle de bal qui depuis longtemps avait été déserté.
Au début, il n’y avait rien si ce n’était qu’un vaste plafond calciné
EtDes rideaux noirâtres et fantomatiques, défigurés par les flammes qui les avaient autrefois dévorées.
Au début il n’y avait rien si ce n’était parfois qu’un malingre air matinal blanc et parfois d’un bleu gêné qui annonçait le début de l’hiver
EtUn timide rayon de soleil qui venait poindre entre les poutres fendues par le temps , sur une salle de balle oubliée.
Au début, il n’y avait rien, rien que le vide, le gouffre de la souffrance et les silences des cris du passé, et le froid aussi, surtout le froid qui venait s’inviter.
Au début, il n’y avait rien, rien d’autre que ça
EtUn œillet blanc séché par les années qui attendait, chaque année.
Endeuillé.Au début, il n’y avait cette lune , cette voûte céleste , et ces adolescents boutonneux à peine sortie de leurs puberté qui sortaient pour la première fois leurs petites amies de leurs voitures rutilantes et aux chromes outrageusement étincelantes .
il y avait ça , et aussi l’avenir d’une vie , et l’avenir de la vie .Et il y eut ,
Il y eut la voix de Percy Sledge qui entonnait When a men loves a women en cette année mille neuf cent soixante six
Il y eut cette main tremblante qui offrit à une demoiselle un slow pour la première fois
Il y eut aussi cette douce effluve d’un parfum venu de l’air du temps en cette fin d’automne dans cette ville, ici à Bangor dans le Maine .Et il y eut
Cette première fois où il sentit son cœur battre la chamade et se trouva enivré de l’odeur douce de ces cheveux longs et noirs, peut être de la vanille bourbon.
Et il y eut ce frôlement de leurs nez comme deux anges ne sachant s’embrasser.
Et il y eutIl y eut cet œillet qui effleura ces lèvres comme le tout premier baiser
Et il y eutCe regard où ils se disaient c’est toi et moi pour l’éternité.
Et il y eutCe geste tendre, délicieux, de sa main effleurant sa peau, ces doigts lui disant je t’aime
Et il y eutCes joues qui délicieusement devinrent empourprées.
Émerveillée .Et il y eut ,
Et il y eut ce début d’incendieCes adolescents et leurs reines du bal s’enfuyant comme ils le pouvaient, fuyants l’incendie comme le faon dans la foret rouge et carminée.
Certaines hurlant alors qu’insidieusement les tentacules enflammées essuyaient le de les happer et que le numéro sept de la grande horloge affichait 22 heure 57 pour la dernière fois fondant maintenant sous la chaleur âcre et assassine.
Assassine et étouffante .Et il y eut
Il y eut
l’horreur , la panique , la peur , alors que ,
alors que ,
Certains enjambant les chaises enchevêtrées comme des racines cherchant le peu d’oxygène qu’elles pouvaient encore respirer, alors que sur la table en dessous d’une esquisse de Norman Rockwell le punch à l’orange bouillonnait comme fulmine les yeux furieux des damnés de l’enfer
Éveillés.Et il y eut
Les cris, Les hurlements , Les soulagements puis vinrent les larmes .
Et il y eut
Et il y eut le silence, le silence et quelques crépitements d’un bois plaintif et souffrant
Endeuillé.Et il y eut
Deux prénoms Stacy et Marcus
Deux amoureux qui n’osaient se le dire,
Deux amoureux qui ensemble périrent.Et il y eut les années fantomatiques qui suivirent les années fantomatiques,
Et il y eut chaque année, un vent sifflotant Percy Sledge qui venait réchauffer cette grande salle oùIl y avait deux amoureux qui y venaient danser
L’un timide et tremblant
La seconde amoureuse avec dans ces cheveux un œilletIl y eut mille neuf cent soixante six
Et il y aura toujours mille neuf cent soixante sixC’était un certain jour de juillet, dans le Maine
C’était Percy sledge and with a men loves a womenC’était un juillet qui prie sur un œillet pour deux cœurs endeuillés
C’était un juillet et nul doute, qu’août pour eux ose a jamais brilleril y a l’année deux mille douze
Etils s’aiment et dansent pour l’éternité
Et elle l’embrasse tendrement avec dans les cheveux un œillet blanc
ils s’aiment et dansent pour l’éternité
ils s’aiment et dansent
ils s’aiment , ils s’aiment , il s’aiment
et dansent et dansent , et dansentEt sur le plancher cendré , dors un œillet blanc .
Pour tous les jours et pour l’éternité
comme l’amour🪶 Signature de la plumela nostalgie est un bouquet de fleurs enfoui au fond de votre coeur , qui vous embaume quand remontent les souvenirs du bonheur , yohann
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