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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
Maudit baron Haussmann qui assassina le Boulevard du Crime
Qui dans la joie du peuple de Paris tailla à coup de compas ,
Adieu funambules, comédiens des rues , intrigants mimes,
Plus jamais les enfants du Paradis passeront par là.Mais dans une ancienne Chapelle cachée au fond d’une impasse
Se retrouvent les rêveurs d’autrefois attirés par l’aboyeur :
Joyeusement il vous annonce crimes, meurtres, tant d’audaces
Qui font saliver la foule toujours plus curieuses des spectateurs.Les jolies dames aux bras de leurs amants ont le rouge aux joues,
Les rupins font les fières avec leurs cocottes endimanchées ,
Ce n’est pas pour la Messe sacrée qu’elles sortent leurs plus beaux atours
Mais pour le Grand Guignol et ses lumières ensanglantées.Sur les tréteaux tournent les fantômes de Poe, de Stevenson :
Un gorille dans la rue Morgue, Mister Hyde sur les toits de London ,
Dracula attire les cous des jeunes oies blanches pour les mordre,
Fantômas, Arsène Lupin s’ajoutent dans ce délirant désordre.Dans les baignoires s’offrent les jolies bouches aux baisers passionnés ,
Dans les fauteuils de velours verts des jolies mains cherchent à se réconforter
Devant le sang inondant la scène de son flot satanique
Comment pour les jeunes cœurs éviter la panique.Les rires de comédiens sont recouverts par les cris des spectatrices
Voilà des jolies oies tendres pour les Messieurs attendris
Aussi vite déplumées et dévorées pour la courte nuit,
Le Champagne déliera en beauté leurs licencieuses malices.Aujourd’hui on ne s’amuse plus beaucoup au théâtre,
Le boulevard est bien fade, les comiques répétitifs,
Les frivoles mondaines se montrent aux coins VIP,
Sur les fauteuils verts des japonais et des vieillards.L’aboyeur travaille entre Clichy et Pigalle
Devant les boites à Strip tease ,
Quand je l’aperçois je lui tire la bise
Et l’invite au bistrot pour rejouer la Martingale.Joyeuses fêtes , bonne année.
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