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Poème partagé par sylvano – création poétique en ligne
Il était plus petit que tous les plus petits,
Chaque jour condamné à rester isolé ;
Aucune femme ne voulait se coucher près de lui
Sans risquer de devoir un peu trop s’ennuyer.Et si dans un hasard de passion romantique
L’une d’entre elle parvenait à grimper sur le toit,
Ses cris lui racontaient la naïve musique :
« Que fais-tu mon amour, pourquoi n’entres-tu pas ? »C’est alors que souvent le visage retourné,
Il répondait honteux de sa bouche ridicule :
« Désolé mon amour mais je suis bien entré,
Pardonne-moi je t’en prie d’être si minuscule. »Pourtant, lui disait-on, la taille ne compte pas
Si tu es travailleur et fidèle serviteur…
Pourtant chaque rencontre se terminait comme ça :
Manquant de centimètres, s’en allant voir ailleurs.Ou si pire elle restait, par amour par devoir,
Acceptant les promesses de son cruel drame,
Elle regardait son corps à travers le miroir
Et pleurait le malheur de n’être plus une femme.Bien souvent dévoué, il était disposé
A se faire remplacer par un plus grand monsieur,
Une sculpture de plastique capable de plonger
Au bout de cette partie qui ne se joue qu’à deux.Alors il compensait, apprenait d’autres arts ;
Certains disent qu’il parlait dans la langue des oiseaux
Mais les chants fallacieux de ces joyeux bavards
Finissaient eux aussi par le prendre de haut.Si petit à petit son égo ressemblait
Au format négligeable de sa courte ceinture,
Il éduquait ses yeux à l’autre réalité ;
Celle qui se délecte d’être contre nature.Il était une machine à tuer le sourire
De toutes les beautés devenues des fantômes,
Et pleurait à son tour, refusant de mentir
A la triste évidence de ne pas être un homme.🪶 Signature de la plume"Le monde a soif d'amour : tu viendras l'apaiser." A. R.
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