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Poème partagé par ELTEOR – création poétique en ligne
A la lueur des flambeaux,
Quand les ombres des villages désertés, meurent
Après le départ, des derniers habitants
Les âmes des défunts, dans les tristes demeures
S’approprient les lieux, en nouveaux occupants.Un vent glacé traverse les rues et venelles
Il souffle les souvenirs, d’un lointain passé
Où l’on voyait les paysans, à pas pressés
Rejoindre leur logis, à travers les ruelles.Plus de feu dans l’âtre, plus de fleurs aux balcons
Le cœur du bourg se remplit de vacuité
Sur la statue du vieux poilu rubicond
Un corbeau pleure des larmes de viduité.Et du cimetière, des lumières s’allument
Car des caveaux, des tombeaux, les morts hâves, maigres
Prennent vie et s’animent, leurs habits de brume
Brassent l’air putride, fétide, en relents aigres.Tout ce petit monde, à la lueur des flambeaux
Se dirige vers la place, un bruit de cliquetis
Trouble la nuit, les os s’entrechoquent, des lambeaux
De chair pendent nonchalant sur leurs abattis.Soudain, la farandole macabre prend vie
Un ballet de spectres, une danse infernale
Les squelettes moisis, valsent sur le parvis
De l’église, se livrant à leur bacchanale !Goulue,
Pourquoi suis-je accroc, aux crocs de la goulue
Chaque nuit est soupir, attendant sa venue
Elle quitte son cercueil, à l’odeur vermoulue
Rejoindre son profit, savourer son menu.Souffrir de ces plaisirs, quémander par désir
D’être mordu au sang, à en perdre la vie
Un jeu mortel et fatal, est-ce un loisir
Je ne peux m’opposer, je me sens asservi.Elle prend ma force vitale, instants de néant
De vide sidéral, je perds tous mes repères
Sa morsure sensuelle est un océan
D’orgasmes et qui m’entraîne dans son repaire !Moi, le vampire,
J’ai choisi de mourir et renaître en vampire
Fuir le jour et embrasser les mortels soupirs
De la nuit, ne plus sentir la chaleur du corps
Les émois du cœur, pour un avenir si gore.En un baiser mortel, tout en perdant mon âme
Je survis par le sang, surtout celui des femmes
Don Juan des enfers, les crocs si acérés
Je les sens palpiter, leur regard sidéré.Et quand survint le noir, il est temps de partir
De retourner dans mon cercueil, obscurs martyrs
Que mes victimes, je prends leur vie, sans vergogne
Pour oublier, la puanteur de ma charogne.Je, le vampire !
Moi qui suis damné ! D’être immortel et vampire !
Que m’importe la mort, les ravages du temps
Car je ne peux point mourir, juste m’assoupir
Je me vomis, de jouir d’un corps de mutant.Revoir poindre le jour d’un soleil éclatant
Ressentir à nouveau les émois de mon cœur
Je ne puis accéder à ces plaisirs si plaisants
Condamné au sort, de souffrir d’un crève-cœur !J’ai voulu l’éternité, j’ai eu solitude
Et l’enfer ! Dans ce caveau, pensant à ma vie
Je n’avais que soupirs, tout était lassitude
J’ai vendu mon âme à Satan, je suis maudit !La meute,
Des cris, des hurlements transpercent la nuit noire
Les flambeaux crépitent, on peut sentir l’angoisse
Dans le regard des hommes, couteaux et hachoirs
Epées, faux, lances et arcs, ils sont partis en chasse.A mort ! A mort ! Il faut tuer et trucider
Ces monstres, délivrer, nos femmes, nos enfants
Ecumez et traquez-les, pas de quartier
Il faut vaincre, avoir le châtiment triomphant !La bête se terre, apeurée dans son antre
Près d’elle git un corps humain désarticulé
Le monstre est terrassé, un coup dans le ventre
Et les hommes nettoient les armes maculées !Le monstre,
Il me mange ! Je sens ses crocs me déchirer
Arracher de tendres, juteux morceaux de chair
Sa bouche est rouge de sang, ce sang aspiré
En de longs flots, pour lui, c’est un champ en jachère.Il savoure et se délecte, un vrai gourmet
Prendre le temps de mâcher, digérer sa proie
Je crie de douleur, peu importe, désormais
Je connais mon sort, c’est finir en repas froid.Soudain !, un sursaut, un frisson, dans cet effroi
J’ouvre les yeux, je ne vois rien, le noir
Un noir total, je n’ai plus mal, je perds sang-froid
Et la vie, il me découpe à coup de hachoir !Nessie,
Toi le monstre marin, mais qui es-tu Nessie ?
Simple allégorie ou le nouveau messie
Un rescapé vivant, des temps préhistoriques
Une utopie moderne ou la chimère antique !Que deviendrais tu si tu étais capturé
Un animal de foire ou de laboratoire
Tu mourrais un jour d’avoir été torturé
Pour la science ou dans un atroce abattoir !Je préfère te voir dans mon imaginaire
Heureux et libre, à nager sous les océans
Que plutôt captif entre des mains sanguinaires
Tu es l’animal titan d’un méga-océan !Le démon,
Vas-tu t’arracher de l’âme, maudit démon
Mon esprit est fureur quand tu te manifestes
Je perds la raison et je sens tes dardillons
Posséder mon corps en postures grotesques.Tu as inoculé dans mon sang, ton noir venin
Il coule dans mes veines, tel un feu ardent
Qui étend avec douleur son mortel tannin
J’ai tout en moi, un silence de cris stridents.Tu gouvernes ma vie, je ne peux pas lutter
Tu commandes mes actes, simples mouvements
Un jouet maléfique, aux deux mains amputées
Je ne peux rien contre toi, physiquement.Tu m’ordonnes de mentir et de blasphémer
De renier ce que je suis, j’étais humain
Maintenant ta poupée, ton pantin enflammé
Par le mal et transformé en monstre inhumain.Si au fond il me reste un peu d’humanité
Je trouverais la force de pouvoir occire
Ton souffle putride, tuer ta vacuité
Quitte à me donner la mort pour t’anéantir !
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