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Hors concours. Malpertuis (repost du 27/02/2009).

  • Ce sujet contient 5 réponses, 5 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photodaniel46, le 24-11-2017 13:40.
  • Créateur
    Sujet
  • #2657312
    Avatar photodaniel46
    Membre Oasis
      • Sujet: 6433
      • Réponses: 18330

      Poème partagé par daniel46 – création poétique en ligne

      « Malpertuis » est un des plus grands romans fantastiques du 20ème siècle, écrit par Jean Ray en 1943.
      Le thème de Malpertuis est la découverte, sur une île grecque perdue de la mer Ionienne, par un marin aventurier nommé Cassave, des anciens Dieux de la Grèce antique, presque mourants ou au moins très décrépis pour la plupart avec le temps. Cassave va leur rendre une défroque humaine et les réunir dans une très vieille maison d’Amsterdam, dont son neveu héritera à sa mort, avec toute les créatures qu’elle renferme, et va découvrir petit à petit la vérité, pour son plus grand malheur..

      J’ai lu ce roman très jeune, et très tôt après être entré en poésie, j’ai éprouvé l’envie d’écrire un texte s’efforçant de retracer l’atmosphère qui entoure cette maison.
      La rencontre avec JC Dumont m’a encouragé enfin à écrire ce texte en 2008. Je savais que Jean Claude, relèverait ce nouveau défi de réaliser un tableau à partir du poème.
      J’avais, bien sûr réservé d’avance « Malpertuis » à Jean Claude. La toile et a fait l’objet de plus de cinq propositions d’achat pendant à l’exposition « le Regard et les Mots » de Durbuy (Belgique) en mars 2008. Elle occupe aujourd’hui une place d’honneur chez nous avec « la Forêt bleue ».

      Je vous laisse juges de la perception et de l’interprétation de « Malpertuis » par Jean Claude. Je dois préciser qu’il n’a pas lu le livre de Jean Ray avant de peindre.

      [url=https://www.hostingpics.net/viewer.php?id=666506Malpertuis080124.jpg][/url]

      Malpertuis

      Très haute, se perdant dans la ruelle sombre,
      Les pieds baignant dans l’eau d’un ruisseau de ténèbres,
      Pignons torturés qui semblent trembler de fièvre,
      Fenêtres closes sur des Erèbes sans nombre.

      Suant la peur coulant le long des murs lépreux,
      La bâtisse frémit à la vue des horreurs
      Qu’elle abrite en son sein, quelle funeste erreur
      Son maître a fait jadis, quel pari dangereux.

      Sur le toit, posé tout près d’un vieux clocheton,
      Un fantôme de suie, aux ailes déployées,
      Crispe serres d’argent, et semble un envoyé
      Des monstres de l’Olympe, horrible rejeton.

      Il balance la tête et dans sa chevelure
      S’allument nuées d’yeux des serpents qui s’y terrent.
      Le visage est de nuit, mais un bruit de tonnerre
      Sort de la gueule où dort formidable denture.

      Une autre ombre s’en vient se poser à côté.
      Elle ouvre ses yeux verts aux pouvoirs terrifiants
      Aux prunelles glacées qui tuent en pétrifiant
      Tout être qui les voit, en froide cruauté.

      Au travers des carreaux, sertis de plomb, livides,
      De fugaces lueurs vont et viennent, tremblantes,
      S’éteignent brusquement, et plainte déchirante
      Désespérée, répond au long des salles vides.

      Aux rares fenestrons où pointe une clarté
      Viennent se dessiner ombres cauchemardesques,
      Qui semblent réunies en un congrès grotesque,
      Géant bestial, femmes démons, gnome édenté.

      Puis très tard dans la nuit, quand tout entre en repos,
      La plus haute croisée s’éclaire et s’ouvre alors.
      Un très grand vieillard au regard pailleté d’or
      Commence à méditer sur son passé enclos.

      Comment lui, roi des Dieux, et tous ses compagnons
      Se sont trouvés réduits à cette mascarade.
      De leur crépuscule il ne comprend la charade,
      Eux non plus et cela les rend bien trop grognons.

      La fenêtre se clôt, et tous les feux s’éteignent.
      L’écharpe du brouillard estompe les contours
      De la maison damnée, tandis qu’aux alentours
      La nuit sinistre étend pour un moment son règne.

      Dans le parc où nul n’a posé ses brodequins
      Depuis des décennies, abandonné, sauvage,
      A minuit cloche sonne en un aigre ramage
      Dans ruines du couvent des moines Barbusquins

      Et Malpertuis frissonne à ces échos atroces,
      Se tassant pour cacher passé abominable,
      Et pour protéger ses secrets inavouables,
      Sur le toit veille harpie aux mâchoires féroces.

      Daniel Dive, 2008, tous droits réservés

      🪶 Signature de la plume

      Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)

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    • Auteur
      Réponses
      • #3089713
        Avatar photoEvilFranck
        Membre Oasis
          • Sujet: 903
          • Réponses: 126470

          Bonjour daniel46, obscure récit poétique joliment maîtrisé

          Amitiés

          🪶 Signature de la plume

          La po?sie, c'est comme la cuisine, le mot faitout 00063312-1

        • #3089968
          Avatar photomargo1668
          Membre Oasis
            • Sujet: 894
            • Réponses: 6067

            J’aime beaucoup

            🪶 Signature de la plume

            Mon premier recueil de po?me est disponible sur ?dilivre
            https://www.edilivre.com/sous-la-pointe-de-ma-plume-27d21038e0.html

            https://www.edilivre.com/ma-plume-ma-passion-marguerite-voltaire.html

            Ma plume combative,Ma petite plume en vente su...

          • #3091012
            Avatar photopoete1947
              • Sujet: 1581
              • Réponses: 13741

              joli j’ai aimer

              amitiés j c

              🪶 Signature de la plume

              http://www.mespoemes.net/poete47/
              "Aimer ce n'est pas se regarder l'un l'autre mais c'est regarder ENSEMBLE dans la m?me direction" Saint Exup?ry"

            • #3091477
              Avatar photocoburit
                • Sujet: 1422
                • Réponses: 4544

                Très beau texte , Jean Ray est également l’auteur des plus belles aventures d’Harry Dickson que Resnais voulait adapter au cinéma , la croisière des ombres un merveilleux recueil on l’on trouve la Ruelle ténébreuse et ses fantômes invisibles.

                Jean-Pierre

              • #3091651
                Avatar photodaniel46
                Membre Oasis
                  • Sujet: 6433
                  • Réponses: 18330

                  A EvilFrank, margo1668, felinelove, poète1947, coburit

                  Merci pour votre passage et vos coms

                  Malpertuis mérite d’abord une lecture, et pour le moins un poème et une toile…. et c’est avec grand plaisir que j’ai pu faire aboutir ce projet avec la complicité de Jean Claude Dumont qui n’avait pas lu Malpertuis avant de peindre mais uniquement mon texte.

                  A EvilFranck: désolé pour la possible obscurité du texte. il est difficile de résumer en quelques strophes un tel roman. Quelques indices: le monstre perché à la chevelure de serpents est Alecto, l’une des trois Erinyies ou Furies. Elle a gardé quelques pouvoir.
                  Le monstre qui vient se poser à côté est Euryale, une Gorgone, soeur de Méduse, qui tue en pétrifiant par son regard. Le grand vieillard est bien entendu Zeus. les Barbusquins, dans le livre, sont d’anciens moines soldats.

                  A poète 1947: Je me doute que cela a du te parler, car Jean Ray est un écrivain de ton pays, qui a été très lié à Henri Vernes, l’inventeur de Bob Morane

                  A coburit: J’ai lu la plus grande partie de l’oeuvre de Jean Ray, tout ce que j’ai pu trouver. J’ai chez moi l’intégrale de Harry Dickson en 20 volumes et je relis certains récits avec plaisir, sans jamais me lasser de l’inventivité de cet auteur. Je crois qu’avec Malpertuis et Harry Dickson, l’écrit qui m’a le plus marqué était « la maison des cigognes »…..

                  Merci encore pour vos coms et merci à tous ceux qui sont venus lire ce texte.

                  Amicalement
                  daniel46

                  🪶 Signature de la plume

                  Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)

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