-
Sujet
-
Poème partagé par CALIJO – création poétique en ligne
Ils sont tous endormis dans ma bibliothèque.
J’ai souvent essayé d’atteindre le Parnasse,
Mais trop dure la pente et raides les chemins
De la modernité : l’époque cadenasse
Les vieux alexandrins issus des parchemins.J’empruntais donc le livre à la bibliothèque
De ma ville, il fallait montrer l’identité,
Le chef- d’œuvre se cache, et comme le métèque,
Maudit des partis pris, il doit être abrité.En grimpant l’escalier, étape vers la cime,
Je me sentais pousser des ailes, le pouvoir
De l’esprit sur le corps qui peine est grandissime
Dès lors que le dessein s’allume dans le noir.Je frappais au bureau désuet du vigile,
Gardien de ces trésors qui ne pouvait savoir
Que cet adolescent, silhouette fragile,
Préférait la poussière et le sombre couloir.Et là, je demandais les recueils de Banville,
De Gautier, de Mérat, Verlaine et Mallarmé,
Ou les livres aussi de Leconte de Lisle
Dont j’affectionnais l’exotisme enflammé.Ces poèmes absents des cahiers de l’école
Exauçaient de leurs vers mes yeux prédisposés,
C’était l’enchantement du front par la parole…
Où s’éveillent soudain les titres épuisésDu Colibri, de Nox, de la Chasse de l’aigle,
Des Roses d’Ispahan, des Yeux d’or de la nuit,
Qui brillent en mon cœur aventureux d’espiègle
Comme les feux lointains d’un bateau qui s’enfuit.
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.