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Poème partagé par Peyrepertuse – création poétique en ligne
Ils l’attendaient, la fin de ces grands froids,
Eux qui portaient souvent une aube pale,
Quand les frimas se prennent pour les rois
Et que les jours arborent un air sale,
Lorsque l’hiver, depuis les cieux, dévale ;
Le voilà beau, la mine très gracile ;
Le ciel tout bleu reprend son domicile ;
Monsieur Printemps reçoit tous les honneurs ;
Portant un sac et son moindre ustensile,
Regardez-les, les joyeux promeneurs.Bientôt l’été montrera tous ses droits
Avec orgueil et de grands airs de mâle
Et brûlera ardemment tous les toits
D’un air méchant tout semblable à la gale ;
Eux sont pimpants quand le beau temps cavale,
Quand la nature est un joyeux concile
Et que la vie a l’air bien plus facile ;
Leurs durs souliers ont des airs entraîneurs ;
Sous un soleil qui lentement vacille,
Regardez-les, les joyeux promeneurs.Le sentier court et longe les parois
Et l’ascension est parfois verticale
Et puis le plat vient au détour d’un bois ;
Dans le parcours, chaque être se régale ;
Midi s’en vient avec sa faim frugale ;
Le moindre pas n’est pas très difficile ;
En avril-mai, l’espace se décille
Et sa douceur fait naître des bonheurs ;
Loin de la ville au vacarme imbécile,
Regardez-les, les joyeux promeneurs.Princes, laissez, comme un vieux codicille,
Ces jours glacés lorsque la neige oscille
Entre les mots des tristes tisonneurs ;
Avec les yeux de l’antique fossile,
Regardez-les, les joyeux promeneurs.
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