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Poème partagé par BOUCHARBA – création poétique en ligne
La sultane
Un portrait éclatant, dessiné par les doigts
D’un artiste bien ivre au pinceau fort adroit,
Suspendait un instant une aube jouvencelle,
Une belle d’antan, candide demoiselle
Qui aurait en son temps attisé tant d’ardeurs
Et noyé de chagrin par son jeu de splendeurs
De grands sultans et rois aujourd’hui poussières,
Des moines et des imams dissous dans leurs prières.Elle était à la fois le charme et la douceur
Le printemps ébloui lui proposait des fleurs
Le soleil l’inondait de clartés maximales
Et l’amour lui chantait des odes matinales.
Ses yeux étaient profonds comme le sont les mers
Où s’étaient engloutis dans des gouffres amers
Des marins égarés inspirés de sirènes.
Elle aurait vu mourir hélas dans ses arènes
Des princes énamourés venus croiser leurs fers
Pour posséder son cœur ou les clés de l’enfer.Mais, elle, la sultane, au bord de la fontaine
Regardait froidement et l’amour et la haine.
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