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Sujet
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BRETAGNE
Un été en Finistère, là-bas au bout du bout du trident celtique. La terre des marins et des paysans. Entre les champs et l’océan, tout près du Menezhom, les villages de Ploëven et Plommodiern les pierres et le granit qui protège les hommes.
C’est le pays de Porzay. Là où s’amorce la presqu’ile de Crozon, prés de Telgruc, nous logeons en gîte à la ferme de Kerlaziou. L’endroit est idéalement placé pour profiter de la campagne et des rives marines. Nos hôtes étaient charmants et serviables. Sur leurs conseils avisés, nous avons pu explorer la cote si pittoresque depuis la pointe du Van, Douarnenez, les plages, la presqu’ile, Crozon et Camaret. Nous profitons de la mer au gré des marées. L’eau finalement n’est pas si froide, entre seize et vingt degrés. La baie de Douarnenez est magnifique, spectacle toujours renouvelé. Quant à la rade de Brest, superbe. Pas trop de circulation; nos excursions motorisées nous ont permis de prendre toute la mesure de ce beau pays chargé d’histoires et de légendes. Nous ne pouvions pas manquer d’aller à Locronan et à Quimper, ni de grimper au sommet du Menezhom embrasser l’ensemble de la contrée. Chaque halte révélait une facette nouvelle de ces lieux attachants.
Les soirées étaient conviviales au gîte. Nous avons noué une relation avec nos hôtes, bien au delà des rapports normalisés en usage dans ce type de locations. Deux fois dans la semaine, nous avons été invités à partager le repas du soir à la ferme. Pour la circonstance, la table était dressée dans une annexe agricole, hangar à demi ouvert. Au fond, le fourrage, et à droite, quelques barriques de cidre, desquelles on tirait directement la boisson.
La vedette était tenue par une grande galetière en fonte d’aluminium de près d’un mètre de diamètre, posé sur un ensemble de brûleurs à gaz butane. Le menu allait de soi: On faisait les crêpes! et de quelle façon. Il fallait voir notre Hôtesse œuvrer, répandre la pâte en une seule louchée et l’étaler avec une espèce de râteau de bois, en un tournemain. Cet instrument, fabriqué maison faisait merveille dans les mains de l’artiste. Pas un raté, et une crêpe très fine sans un accroc. La motte de beurre salé était largement mise à contribution. Une palette de bois, également faite main, permettait de retourner la galette en un seul mouvement. Magistral! On pouvait au final avoir le produit nature (c’est-à-dire largement beurrée), farine de froment ou de sarrazin (blé noir), fourrée avec tout ce qu’on voulait (œufs, jambon etc…). A partager, bien sûr, vu la taille, pour goûter aux différentes options. Ah, oui, j’oubliais: Au départ, la galetière est graissée avec une couenne de lard.
Un grand moment de délices, d’échanges culinaires et culturels; les conversations allaient bon train, ponctuées d’histoires locales où l’ombre des fées n’était pas absente. Récits et légendes de la terre et de l’océan. L’heure passant, le cidre pétillant et amer avait laissé place au «lambic» , délicieuse eau-de-feu qui nous assurait un sommeil de plomb ponctué de rêves fantastiques…
Pas d’oubli, on s’écrit, on se téléphone, on se reverra l’an prochain, pour goûter les galettes de Pont-Aven bien sûr! Kenavo!Parceval
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