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Lune

  • Ce sujet contient 2 réponses, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoELTEOR, le 24-05-2021 07:31.
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    Plume de platine
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    Avatar photoELTEOR
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      Poème partagé par ELTEOR – création poétique en ligne

      Lune

      La Lune ouvre sa bouche et avale la nuit
      Le soleil baille le jour et se meurt d’ennui
      Depuis tant d’années, il se lève le matin
      Car il est si las, à en perdre son latin.

      Malheur ! Aujourd’hui, l’astre est parti en voyage
      C’est la panique sur Terre, un mauvais présage
      Les animaux ont peur et les hommes affolés
      Que vont-ils devenir, ils sont déboussolés.

      Des pleurs, des cris, des prières et des chants sacrés
      Arrachant leurs vêtements et cheveux nacrés
      Ils implorent l’étoile aux rayons coruscants
      À briller comme les feux ardents d’un volcan.

      La Lune solitaire contemple le jour
      Au Soleil son amant, exprime son amour
      Lui qui brille de ses feux, lui dit pour toujours
      Douce amie, je n’ai que pour toi que désamour !

      Déclarant ma flamme à la plus belle des femmes
      J’ai succombé aux charmes bleutés de la Terre
      L’astre de la nuit trahie par ces mots infâmes
      Crie de rage et fulmine de tous ses cratères.

      Le couple solaire s’est désormais marié
      Réunis dans la galaxie pour le meilleur
      Mais la Lune offensée, l’esprit contrarié
      Par ce bonheur, s’en va pour un autre ailleurs.

      Le funambule déambule dans les bulles
      De la nuit, car sur son fil invisible il s’ennuie
      Sur la Terre, il est somnambule noctambule
      Pauvre acrobate, mais quand arrive minuit.

      Et dans le ciel étoilé, la Lune blanche
      Fait d’un cheveu d’une comète, un long ruban
      De soie stellaire qui s’accroche à une branche
      Mais le fildefériste est un peu titubant.

      D’un clin d’œil, la Lune l’invite à la rejoindre
      L’artiste doit faire vite, il doit la quitter
      Repartir, avant que le jour commence à poindre
      Le lacet au soleil perd de sa ténuité !

      Le Soleil tire sa révérence au doux soir
      Venu, à petits pas feutrés, il part dormir
      Et la Lune sa voisine, quand il fait noir
      Revêt son châle d’éther en pur cachemire.

      C’est au cours d’une nuit que la Lune gibbeuse
      Qui près de la Terre est devenue amoureuse
      Un hasardeux météore au regard de braise
      La frôla de si près la mettant mal à l’aise.

      La belle se pâme de joie, rougit, sourit
      A l’audacieux, comme la chauve-souris
      Le beau galant s’approche dans un grand silence
      Vers Artémis avec un peu de nonchalance.

      Et Sélène ouvre son cœur au Casanova
      Ma pauvre amie, tu n’as pas les bras de Shiva
      Comment pourrais-tu m’attraper, moi, un bolide
      A la queue de glace et qui n’est pas solide !

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