- Ce sujet contient 16 réponses, 10 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Tradescantia, le 14-09-2021 09:48.
-
CréateurSujet
-
14 septembre 2021 à 9h48 #2687269
Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne
C’est vrai. Cela s’est passé, en Suisse, par un jour d’été, dans une forêt… Sur la Terre dite ‘des Hommes’, ce jour-là, en été, cela est arrivé, c’est vrai.
L’infanticide
Leur sanguine ravivant le désir,
Intense au soir qu’une mèche oubliée
Avait pourpré la chambre ensommeillée,
Leur mère a dit : ‘Il est temps de partir !’L’heure et l’aire s’évaguent par les bois.
Ses mains nombrent le coeur moiteux des tempes.
Son mutisme va tirant des estampes
Où la feuillée obombre les pourquoi.Afin d’éteindre uniment ce reflet
En quatre émois repeignant le bleuet,
Elle a fermé les yeux de ses jumelles.Et que trois fois s’effare l’orient,
La femme que matricent ces enfants
Se couche, cruentée, et parallèle. -
CréateurSujet
-
AuteurRéponses
-
-
1 septembre 2021 à 6h24 #3330241
Un écrit poignant belle journée amitiés
-
1 septembre 2021 à 7h39 #3330268

Bonjour à vous…Tradescantia
Un écrit superbement sophistiqué pour un acte tragique…

😆 😆 😆


Très Amicalement…
NL…


🪶 Signature de la plumeLa Po?sie ?a sert ? faire du bien...
?a d?noue le n?gatif...
et ?a devrait ?tre rembours? par la s?curit? sociale...
-
1 septembre 2021 à 7h55 #3330272
Bonjour Tradescantia,
Quelle horreur!
Et l’on entend parler de ce genre d’histoires aux informations !
Poignant et je reste sans voix devant cette tragédie !
Superbe poésie émouvante qui retrace ces faits et donne des larmes aux yeux !
Belle journée!
Amitiés
Sybilla🪶 Signature de la plumeLe rêve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
-
1 septembre 2021 à 17h14 #3330345
lorsque la société bombonne le torse et tourne le dos à ceux qui souffrent
-
2 septembre 2021 à 3h22 #3330395
Bonjour Sphyria, dolores, NoireLune, Sybilla, felinelove, ZAGHBENIFE,
Merci d’avoir été sensible, chacun à votre manière, à ce qui, en dépit du langage journalistique, ne peut pas être seulement étiqueté comme un ‘fait divers’…
Il est délicat de mettre en mots un tel sujet sans ériger de tribunal, sans tomber dans le jugement moral, ou pire, dans le verdict et la condamnation…
Le petites… les jumelles avaient les yeux bleus… Des yeux couleur de bleuet…
En s’intéressant au langage des fleurs et à leur symbolique, on découvre que l’on peut associer au bleuet l’amour filial… et dire avec un bouquet : « Maman, tu es belle et je t’aime ».
Je ne sais ce que furent les sentiments de ces enfants, dans la forêt, lorsqu’elles comprirent à leur manière ce qui se passait, qu’elles ne rentreraient pas à la maison pour terminer leur peinture à la sanguine, exorcisant par là le traumatisant incendie de leur chambre ayant eu lieu quelques mois plus tôt…
Je n’aurai jamais la prétention folle de le savoir…Mais ce que je sais, ce que je ressens, au risque de heurter peut-être ici et là, ce que je ressens, ce que je sais, c’est qu’il n’y a pas ici deux victimes et une meurtrière ayant mis fin à ses jours après son forfait, c’est qu’il y a bel et bien, dans cette tragédie, trois victimes.
Respectueusement.
-
3 septembre 2021 à 6h23 #3330605
-
4 septembre 2021 à 12h37 #3330871
Bonjour ISABELLE59 et franie,
Je vous suis tout particulièrement reconnaissant…
Il se passe parfois quelque chose comme cela sur la Terre. Alors les mots semblent impossibles.
Pourtant ce qui s’est passé demande des mots, pour ne pas se résumer à un fait divers parmi des faits divers.
Alors on peut essayer les mots, mais comme de prudentes touches de couleurs…
Oui, on peut essayer de peindre, de la sanguine des enfants au cruor de la femme, en rouge… en rouge nuit, comme il existe un bleu nuit… ce triple couchant… qui semble figer d’effroi et de stupeur le levant lui-même !
Oui, essayer de se faire peintre, le moins subjectif possible… En veillant à ce qu’il ne revête soudain ni les oripeaux du psychanalyste, ni ceux du sociologue, ni ceux, plus criants encore, du procureur !…
Respectueusement.
-
6 septembre 2021 à 14h22 #3331287
Bonjour berrichonne et cyrael,
C’est avec gratitude que je relève ces mots par lesquels vous venez exprimer vos ressentis : ‘innommables’, ‘Je n’ai pas de mots…’
… oui… on peut essayer, en certaines circonstances, de faire un peu de musique avec les mots : des notes bien sûr, mais aussi, mais surtout des silences… Des silences qui suggèrent, qui évoquent, des silences qui sont susceptibles de dire plus, en certaines circonstances, que les infinies combinaisons de l’alphabet…
Respectueusement 😆 😆
-
7 septembre 2021 à 8h36 #3331412
Bonjour Tradescantia, un crime terrible fort joliment poétisé
Amicalement
🪶 Signature de la plumeLa po?sie, c'est comme la cuisine, le mot faitout 00063312-1
-
7 septembre 2021 à 8h44 #3331414
Une plume qui s’exprime avec beauté et profondeur sur un évènement aussi bien bouleversant que troublant.
De fortes émotions a vous lire .
Merci .Espérances .
🪶 Signature de la plumeAvons-nous les mots pour regarder le monde dans toute sa beaut?, ses d?tails et sa fragilit? ?
- Chateaubriand
-
8 septembre 2021 à 4h12 #3331550
Bonjour EvilFranck et Espérances,
Grand merci à vous d’avoir pris quelques instants pour vous approcher de cet acte…
Espérances… espérer, au pluriel en effet, au moins trois fois… Et cette signature que vous avez retenue posant la question essentielle : avons-nous les mots… pour dire cela… pour dire ce qui, peut-être, ne peut être dit qu’avec une gamme de silences tout à la fois stupéfaits et recueillis ?…
Respectueusement
-
12 septembre 2021 à 8h01 #3332318
Bonjour Colomba,
Je suis ému que vous soyez venue poser ici quelques instants les ailes de votre belle sensibilité… Gratitude…
… ‘car personne ne sait’… même la lumière du levant renonce à élucider certains secrets inhérents au coeur humain…
Cordialement
-
12 septembre 2021 à 8h15 #3332327
Je ne peux que citer ici André Malraux :
« Avant de juger il faut comprendre et quand on a compris on n’a plus du tout envie de juger »
Je pense que tout est dit. Merci pour le partage
Luz
🪶 Signature de la plumeLes gens vivent comme s'ils n'allaient jamais mourir... Et meurent comme s'ils n'avaient jamais vécu. Le Dalai Lama . Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit? Khalil Gibran
-
13 septembre 2021 à 0h05 #3332456
Bonjour luzdelsol,
Vous avez pris un moment pour vous exprimer… c’est gentil de votre part…
Cependant, je ne sais vraiment pas si ‘tout est dit’… comme vous le dites si cavalièrement… À vrai dire, je ne le pense pas pour ma part… À vrai dire, je ne puis comprendre comment l’on peut penser, à propos d’un infanticide, qu’il suffirait d’agiter une citation, quelle qu’elle puisse être, pour que… tout soit dit…
… Et par exemple, voyez-vous, je suis désolé de devoir vous dire, justement, que la citation exacte de Malraux, tirée de son livre Les Conquérants, est de manière non négligeable plutôt différente de celle que vous proposez :
“Juger, c’est de toute évidence ne pas comprendre puisque, si l’on comprenait, on ne pourrait pas juger.”
-
14 septembre 2021 à 9h48 #3332633
Bonjour luzdelsol,
… j’insiste un peu, mais si l’on n’insiste pas en de telles circonstances, sur quoi insistera-t-on ?…
… les jumelles… elles s’appelaient Gaëlle et Sybille… elles avaient quatre ans…
Je pense que tout est à dire, et encore et encore et encore…
Toutefois, si une espèce de ‘mot de la fin’ doit s’imposer, bien plus qu’à un Malraux, qui plus est si l’on ne prend pas la peine de le citer correctement, ou je ne sais qui d’autre, c’est à Shakespeare lui-même qu’il convient sans doute de le laisser :
‘Et le reste est silence.’
-
-
AuteurRéponses
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.



