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Poème partagé par fil2fer – création poétique en ligne
Ciel, fais taire un instant, tout ce qui est vivant.
Arrêtez vous ruisseaux où clapote le vent.
Pour clouer aux oiseaux, leurs becs, quand la nuit tombe !
Fais silence la vie, je suis devant sa tombe !
Pars de suite printemps, vers de lointains étés,
Pour qu’à mon opposé tes cris soient emportés.
Terre ne craque plus pour la graine qui pousse.
Loin de moi le volcan qui fulmine et qui tousse.
Plus un geste océan au furieux ressac
Découvre l’indolence et le calme du lac.
Et dans cette cité, qui jacasse et caquette
Monde reste immobile et que le temps s’arrête.Que cet endroit devienne, un îlot désolé,
Où seul le mort attend pour être consolé.
Puis qu’on donne à ce lieu le pire nom de chose
Pour que plus rien n’y entre et plus rien ne s’y pose.
Donnez-moi l’équilibre où m’importe surtout
Que les sons de la vie ne pèsent rien du tout.
Et si l’once d’un bruit incline la balance
Néant écrase-le de ton pied de silence.Que cesse ce chahut qui toujours me défend
De parler au gouffre où est tombée mon enfant.
Je veux uniquement, par le bruit qui succombe,
Un silence identique à celui de sa tombe.Alors, lançant mes cris tout au fond de ce trou,
Comme on sonde le puits en jetant le caillou,
J’attendrai qu’un écho, depuis la nuit profonde,
Perce enfin le néant et qu’elle me réponde.25/01/2018.
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