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Poème partagé par gentilprince – création poétique en ligne
Si…
Avant de venir en augure…
Faites cesser les rossignols,
Les gais pinsons en démesure,
et les mésanges en farandole.Faites planer la chouette effraie,
Quelques vautours comme présages.
Faites moi rire les corbeaux
Qu’il soit lugubre ce sillage.Je veux du triste en souvenir,
Rien de joyeux qui me rappelle.
je veux garder pour l’avenir,
Le trou béant de l’irréel.Teintez de sombre tout ce ciel
Mettez de l’ombre sur le vert
Du gris profond aux tourterelles
Je veux du laid à la Prevert.Faites tournoyer les nuages,
Lancez du vent! jetez la brume!
Gâchez le beau des paysages!
Sonnez le glas sur une enclume!Je veux la pluie et le tonnerre,
Quand l’eau de mer coule au visage.
Je veux le bruit que fait la guerre,
L’insupportable des saccages…Quand vous viendrez pour la nouvelle…
Fermez les portes et les volets…
Je veux le noir de l’éternelle,
Pour vous entendre désolé.Dès le matin du premier soir,
J’irai, mes pieds crottés de boues
Et sur ta tombe en désespoir
Je poserai bruyères et houx…Thierry
Les contemplations
Victor HugoDemain dès l’aube
« Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur… »Les Contemplations, 1856.
Victor Hugo (1802-1885).C’est au cours de son voyage avec sa maîtresse Juliette Drouet dans le Sud de la France, en lisant le journal, en ce samedi 9 septembre 1843 à Rochefort, que Victor Hugo apprend la noyade de sa fille Léopoldine sur la Seine à Villequier avec celui qu’elle venait d’épouser, Charles Vaquerie, dont elle était éperdument amoureuse depuis plus de trois ans.
Victor Hugo n’a jamais voulu de ce mariage…
Le journal précise qu’ils se sont noyés lundi le 4 septembre 1843 et que l’enterrement a eu lieu mercredi.
Victor en cette fin de semaine s’empresse de rejoindre Paris.
Léopoldine avait fêté une semaine avant sa mort ses dix-neuf printemps…
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