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Poème partagé par Noel-Opan – création poétique en ligne
Les amants, dès l’automne, aimaient bien disserter
Au bord du petit ru sans jamais asserter.
C’était toujours Igor, brillant par sa faconde,
Qui donnait le bon ton sans perdre une seconde.Habile en rhétorique et fait pour les discours
Il avait le transport que l’on voit dans les Cours.
Hélène avec aplomb savait donner réplique
Surtout quand il fallait apparaître angélique.On eut dit, promptement, en les écoutant bien
Que ces deux étaient faits pour débattre Ô combien.
Leurs propos sibyllins empêchaient tout éloge
Car les gens moins diserts se terraient dans leur logeOn perçut, un beau jour, de fait, un prompt rejet
Quand s’en vint pour avis un sensible sujet.
Igor, avec brio, s’exprimait de voix pure
Pour parler savamment de l’amour en épure.Ayant, las, oublié d’Hélène les raisons
Il lui dit qu’il fallait unir leurs deux maisons.
On vit lors le portait d’icelle en vraie détresse
Lui disant préférer demeurer sa maîtresse.-Ne vous ai-je donné, jadis en mon jardin,
-Le pourquoi de ce port qui se veut sans dédain.
-Je tiens à préserver l’avenir de ma fille
-Doux fruit d’un mariage enclin à la bisbille.-Je vous sais tant de gré de m’avoir écoutée
-Lorsqu’en piteux état je me dis dégoutée.
-Vous portâtes, jadis, cette amicale oreille
-Qui m’écouta sitôt de bonté sans pareille.*Je vous approuve Amie et cela me fait tort
*Car mon cœur brûle ici d’un torride transport.
*Bien sûr qu’il faut toujours s’occuper de famille
*Qui sert à nos petits de fervente coquille.*Vous dîtes tout cela d’un parler sans détour
*Qui fait qu’un étranger vous quitte sans retour.
*Mais moi, pensez y donc, j’aime votre personne
*Et supportez qu’ici, sans fin, je le klaxonne.Ainsi se termina ce léger différend,
Par un sourire en coin qui plaît mais qui surprend.
Un jour, dans quelques mois, à nouveau ce grand thème
Reviendra perturber cet illégal système.Mais ce bon plat tonique suffira pour nourrir
Une âme toute prête autrefois à mourir.
Donc Hélène et Igor suivirent cette route
Qui les fit tant rêver sans sombrer dans le doute.
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