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Sujet
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Le Gers profond
Il est natif du Gers. Personne n’est parfait. Alors on lui pardonne. Les années l’ont fait tel que je le présente. J’aurais pu le croiser, même au siècle passé : il n’aurait pas changé, ni viré différent, et tel je le décris.
Pas grand et pas petit, trapu dans son assise ; pantalon de coutil, gros brodequins de cuir, soigneusement graissés ; une blouse de maquignon, d’un bleu… pas du denim. Une canne noueuse, avec un bout ferré. Sous un large galure, sont des traits burinés, rougis de l’air du temps, et de l’ouvrage agraire. Deux fentes sous la broussaille des sourcils poivre et sel cachent un regard perçant où brille la malice. Les mains, sorties des poches sont bien garnies de cals, dus au patient labeur. Ici pas de feignants, laissons-les pour la ville…
Mais oui, mais oui, il parle. Peu, mais pas pour rien dire. Rustique le Monsieur, qui roule sur les R, pas l’aire sur l’Adour. Rustique mais pas triste, sourire à chercher au bout de son mégot. Peut-être sait-il rire ? C’est fête à Condom, et aussi jour de foire. Les affaires sont bonnes, enfin, faut trop dire. La banda fait aubade devant les mousquetaires d’airain qui trônent sur la place. Les flonflons sont taris. Enfin un gros sourire, pas la blancheur persil, précède un grand rire, des congratulations, des applaudissements. Il n’est pas seul, moun camin.
De quoi donc parle-t-on autour de ce foirail ? Des canards, des cochons, des vaches à l’étable, du maïs et du vin. Enfin de tout, de rien. Enfin un peu des dames, des petits qui vont bien. Des ressources durables, de haine et d’amitié, toutes deux très tenaces. Il va se replier, en compagnie disserte, vers le troquet choisi pour écluser un verre.
Et ainsi va la vie, ses joies et ses misères, les gros et les petits, je veux parler d’ennuis. Un pour tous, tous pour un ou tous pour moi ?Parceval
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