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Poème partagé par Merdesiles – création poétique en ligne
Cucuron
Oui vous avez bien entendu
Ici , c’est Cucuron
Pourquoi cette file de jolies femmes
Devant la boulangerie ?
C’est comme ça tout les matins
Elles arrivent à l’avance
Se bousculent même
Pour être les premières
Les premières à tenir entre ses doigts
La baguette dorée , craquante
Sans pareil du jeune fils de Gaspar
Il remplace son père peuchère
Fait la baguette encore mieux que lui
Avec sa bouche en cœur , son sourire moqueur
Ses yeux d’ange
Moi je vous le dis , il y en a sous peu
Qui vont s’arrêter de pêcher dans le canal du Midi
Cela frétille par ici !
Sentez la bonne odeur
Du soleil , de la chaleur
Imaginez le beurre sur la mie
Un péché de gourmandise
Je crois que je vais revenir un peu avant midi
Je n’aurais pas la patience …
D’attendre … d’entendre …
Des sornettes de tout genre
Je vais aller regarder le soleil cavaler sur la garrigue
S’attarder sur l’étang
Lorsque je reviendrais tout à l’heure
Le calme sera revenu et plus de crêpages de chignon
Pour savoir de qui la première mettra la main
Sur la bonne baguette enchanteresse que les palais attendent
Hé ! va ! j’ai tout mon temps !
Et à midi quand je reviendrais
Il restera une baguette appétissante sur l’étagère de bois
Si quelqu’un la veut
IL dira le boulanger avec ce bon accent provençal
Non ! celle là n’est pas à vendre
Elle est réservée
Je vais sourire et acheter mon pain de campagne
Croustillant et ferme comme à son habitude
Un pain d’homme , de paysan
Qu’on tranche pour tremper dans une bonne soupe
Celui que l’on sert à sa famille
Que le couteau signe
Le boulanger des que je quitterais les lieux
S’empressera comme chaque jour de partir à son tour
Un sac de jute sur le dos , la baguette dedans
Il sifflera gaiement en montant aux pâturages
Ou la petite bergère l’attend
Elle lèvera ses doigts menus en signe de bienvenu
Lui aura le sourire jusqu’aux oreilles
Je t’apporte une baguette dira t »il
Et moi j’ai des fromages de chèvres et des figues
Lui ajoutera encore
J’ai aussi une bouteille de vin à rafraichir à la source
Alors comment vont tes brebis ce matin
Son sourire lui arrachera le cœur
Cela fait si longtemps qu’il n’ose lui dire
Que la voir ainsi c’est son plus grand bonheur
Ils mangeront sous le vieux figuier
En regardant Cucuron s’endormir sous le soleil
Pour sa sieste journalière
Après … après … la chaleur , le soleil le poussera
Il descendra les sentier en sifflant encore plus fort
Prés à en découdre pour préparer la deuxième fournée
La tête complètement ailleurs
Si le pain est aussi bon que celui du matin
La forme impeccable n’y est plus
Ses mains s’activent par habitude
Sa tête est encore la haut dans les collines
Ou les rires claires et l’eau sont complices
On dit qu’il serait la victime de leurs caprices
Si vous passez par ici , à Cucuron
Venez donc déguster une pompe à l’huile
Une fougasse à l’olives ou une baguette dorée
Vous ne le regretterez !
A Cucuron on y revient de toutes les façons
Ici rien ne change
On dirait que le temps même s’y est arrêté …
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