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Poème partagé par Noel-Opan – création poétique en ligne

Que le temps passe vite et que son cours burine !
Je le dis sans remords ni regrets qu’on serine.
Tout jeune, en mon Pays, j’allais par les sentiers
Les champs ou les forêts, évitant les chantiers.
Je n’avais pour Amour que la simple Nature ;
Aujourd’hui je l’écris à cet âge mature.Un compagnon fidèle escortait tous mes pas
Trouvant que, pour marcher, j’avais de longs compas.
Lui-même trottinait en broutant quelque tige
Une purge sans nom redorant son prestige.
D’un bâton de berger j’assurais mon traintrain
Et d’aucun y voyait un juvénile entrain.En été, je partais, avec à l’évidence
Le souci de bronzer, mais en toute prudence.
Je m’étendais serein sur le tapis des prés
Et dégustais des yeux plein de cadres diaprés.
Des oiseaux sans complexe entonnaient leur romance
Annonçant qu’était loin l’hivernale dormance.Et là, loin du village où vaquait au labeur
Une foule de gens au profil peu daubeur,
Je passais des instants, sans besoin de lecture
Sans penser au passé ni à l’aire future.
J’aimais ce doux silence et l’absence de voix
De vaine doléance et surtout de pourvois.Ainsi donc ces années ont marqué ma jeunesse
Au point qu’en ces vieux jours, du seul droit de l’aînesse,
Je puisse vous parler d’un tristounet discours
Qui se plaît à clamer que ces temps n’ont plus cours.
Si le temps le permet je ferai bien un livre
Pour conter tout ceci, pour aussi le revivre.
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