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Poème partagé par Parceval – création poétique en ligne
PIÈGE CHRONIQUE
(Réincarnation)Mythe ou réalité, sur la métempsychose
C’est toute la question, que sans fin je me pose
Jusqu’à la déraison bien plus qu’une overdose
Pendule autohypnose, j’entre en chronolyse
Et le sol se dérobe, je subis la sentence
Réseau entrelacé de mille existencesJe m’en fus visiter le musée du Bestiaire
Car d’antérieures vies me furent animalières
Petite souris de ville autant que rat des champs
Je chaussais les sabots de porc ou de laitière
Corbeau à Montfaucon, aussi loup solitaire
Sacrifié à l’autel, je fus agneau bêlant
Mouette, hirondelle, promis terre et printemps
Sur le champ de bataille été fier destrier
Le rhino très féroce, l’orang très dégouttant
Le lion marin obèse, le dauphin bondissant
Dragon à Komodo, des dames haquenée
Enfin aux Hespérides, je fus gardien serpentEt dans ce grand désordre de jadis à demain
Des vies au féminin, je vécus le chemin
Je fus gracieuse oiselle, mater dolorosa
Ribaude, maquerelle, tragique Cassandra
Un temps je fus vestale au temple d’Eleusis
Courtisane à la cour, amazone endurcie
J’ai chanté ça ira, avenue de bastille
Été dame d’honneur près d’Inès de Castille
Coiffé le hennequin et filé la quenouille
Sorcière convaincue emmenée au bûcher
Facétie du hasard, on m’appela Lucie
En mémoire des os trouvés en EthiopieDans les relents d’histoire, la défaite et la gloire
Je fus un paysan, de la terre un forçat
Un trouvère errant, un guerrier sanguinaire
Présent à Alésia, aux champs catalauniques
Et l’on me vit ainsi, au hasard de mes chances
Escroc, Casanova, et gibier de potence
Un prince, un savant, souvent un pauvre hère
Corsaire et flibustier, la loi du cimeterre
Le sorcier nécromant des monts de Gondwana
Sur des rites barbares je fus prêtre officiant
Archer guettant les flots au rempart d’Atlantis
Pilote hydrocéphale des nefs d’AldébaranChronos en eut assez, il m’a lâché les pieds
Comme un bouchon de liège filant vers la surface
Dans le reflux du temps je retrouvais mes traces
Ce maelstrom furieux, strié de clairs espoirs
Me ramenait aux cieux. Soudain ce fut le soir
Je plongeais dans le noir, cognais dans le présent
Et lorsque j’émergeais, ce fut les pieds devants
Quand je revins à moi,
J’étais devenu… ToiParceval
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