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Poème partagé par Parceval – création poétique en ligne
SALTO ANGEL
Et ce fut le matin, un appel impérieux
Va, lui dit cette voix, ce jour est ton étoile
Il a fermé son sac, mis la clé sous la porte
Le bâton pèlerin, du rêve plein les yeux.
Est parti sans un regard derrière
Oubliée, sa vie de miséreux
On l’a vu arpenter, solitaire
Les chemins aux multiples ornières
Descendre les torrents, traverser les rivières
Les pistes de poussière et les sentiers pierreux
Qui tracent les collines et les vallons herbeux
Affronter le soleil et ses feux
Longer des rives hospitalières
Des ports, des bars à matelots
S’est retrouvé soutier sur un cargo infâme
Cap sur les Amériques plus vite qu’à la rame
Sur un autre hémisphère, à la Grâce de Dios
Débarqué, travaillé à tout faire
Partagé, gagné quelques pesos
Puis il s’est enfoncé dans la forêt primaire
A fait le piroguier, remonté l’Orénoque
Son chemin est tracé, il n’en peut échapper
Carrao et Churun, suivre les eaux sauvages
Au village de huttes éphémères
Une halte pour les garimperos
Des Pémons la pitance légère
Le hamac d’une fille abricot
Confiée par l’Ancien au gringo
Il a bu de la potion amère
L’élixir qui parle aux aïeux
Les esprits, dans le rouge des braises
Ont dicté par la voix du chaman
Tu porteras tes pas au Kerep l’arroyo
Jusqu’au pied du tepuy le plus grand
Tu iras sur l’immense falaise
Où jaillit l’eau du ciel à la terre
Là-bas tu chercheras l’écho
A l’aube il est parti, a trouvé le cratère
Le tumulte de l’eau, la chute gigantesque
Ne l’ont pas rebuté. Il est monté là-haut
Planté près de la source mère
Il a posé son sac sur la pierre
Dans le vide jeté trois pesos
S’est délesté de tous ses oripeaux
Son regard couvre la terre entière
A tendu les bras jusques aux cieux
Pris son vol, en ultime prière
Pauvre Icare, il a suivi les eaux
Pas de l’or, il cherchait la lumière
Il n’a pas trouvé DieuParceval
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