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Sujet
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I
Mars-avril 1972
Seul ! L’homme est toujours seul à l’heure des tourments,
Funambule je sens le vide qui m’entoure.
J’ai vécu son envol, hier, avec bravoure,
Sous une carapace ai tu mes sentiments :
Tumulte, désarroi, toute une panoplie
A l’ombre du manteau de la fatuité.
Je m’étais tant nourri de ce rôle affecté
Que la scène fut digne et la pièce jolie
Mais, lorsque du théâtre est tombé le rideau,
D’un infini chagrin je porte le fardeau
Et le néant me laisse une saveur amère.
Tel un phare debout à fixer l’horizon,
Il a fallu mon corps te faire une raison :
Mon destin ne sera que peuplé d’éphémère.
Trouble fut son départ à mes yeux embués,
Inutiles mes mains de me voiler la face ,
Au miroir du présent son image s’efface,
M’imprègnent les liens maintenant dénoués .II
Septembre-octobre 1986
Il est un paradis pas plus grand qu’une chambre
Où ta voix renaissant sut me faire accourir
Pour ensemble bercer la couche de septembre :
Que tes bras furent doux quand tu revins t’offrir !Se retrouver après tant de saisons passées,
Comme il en est tombé des aléas vaincus :
Braver les démentis des arrière-pensées,
Ne songer qu’aux élans que nous avions vécus.En dépit de notre âge il fallut plus d’un signe
Pour nous faire franchir cet immense interligne
Du premier au second roman de notre écrit.Jeunesse a ses erreurs, franchise sa formule,
J’ai passé quatorze ans de ma vie en cellule
Pour cet amour naïf dont tu m’avais proscrit.
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