Oasis des Artistes. Le plus beau site de poésie

Oasis des artistes: Poésie en ligne, Concours de poèmes en ligne – membres !

11 NOVEMBRE

  • Ce sujet contient 3 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoSybilla, le 12-11-2023 15:38.
  • Créateur
    Sujet
  • #2706758
    Plume de platine
    ★★★★★☆
    Avatar photoELTEOR
    Membre Oasis
      • Sujet: 5992
      • Réponses: 2550

      La peur

      L’aube se lève sur le champ de bataille
      J’ai une forte douleur venant de l’estomac
      L’envie de vomir mes tripes, de vider ma peur
      Car ce soir, je ne verrais pas le soleil se coucher.

      Dans deux heures, sur le coup de sifflet de l’officier
      Je vais sortir de la tranchée, baïonnette au canon
      Galvanisé par la haine, il faut casser du boche
      Ces salauds qui ont envahi mon pauvre pays.

      Encore un peu de temps, regard sur des photos jaunies
      Et sur des lettres froissées, un moment de nostalgie
      De ces doux souvenirs du passé, de ces moments heureux
      Mon esprit s’embrume, je dois réagir, ce n’est pas le lieu.

      Mon capitaine regarde fébrilement sa montre
      Compte les minutes et soudain il arme son révolver
      Le son perce le silence de la nuit, c’est le départ
      Vers l’abîme, la montée vers l’enfer, de fer et de feu.

      Je sors de mon trou, comme les autres soldats
      Les mitrailleuses crachent leur fiel de projectiles
      Un camarade tombe, une balle en pleine tête
      Sa cervelle se répand sur mon uniforme.

      Les canons se mettent à tonner, les obus à tomber
      Autour de nous, un éclat arrache le visage d’un copain
      Il hurle de douleur, le sang pisse à longs flots
      Je dois continuer, je ne peux m’arrêter.

      Nous arrivons au niveau d’un rideau de barbelés
      L’ennemi continue à tirer, à faucher les jeunes gens
      L’un d’eux est accroché aux fils de métal
      Il a les entrailles qui lui sortent du ventre.

      Vingt minutes de fin du monde, de durs, d’âpres combats
      La moitié de la troupe est décimée, morte ou blessée
      Et voilà enfin l’ennemi, je le vois comme il me voit
      Nous sautons dans la tranchée, pour le tuer.

      Face à face, homme à homme, corps à corps
      Nous nous battons à coups de poignard ou de pelle
      J’enfonce ma lame dans le cœur d’un allemand
      Je sens sa vie partir, il est crevé l’ordure !

      La peur (2),

      Je m’appelle Hans et je suis allemand
      Mon père a péri dans les tranchées de Verdun
      Tué au cœur d’un coup de couteau par un Poilu
      Je ne l’ai pas connu, je n’avais que cinq ans.

      Enrôlé dans la Wehrmacht, nous avons envahi
      En un mois la Pologne, la guerre commence
      Déclenchée par la folie d’un homme dénommé
      Hitler, six années d’horreurs absolues.

      Je n’ai rien demandé, seulement subi
      Je l’avoue, endoctriné par un fanatique
      Le peuple a suivi le Führer vers l’enfer
      Atteint par les maux les plus infects.

      Pourquoi ? Ai-je participé à l’abominable
      Au pire, à la négation totale d’êtres humains
      A leur méthodique anéantissement programmé
      On se disait supérieur à eux, mais en quoi ?

      Aujourd’hui !

      Nous sommes petits enfants de boches et poilus
      Nous ne voulons plus de guerre, mais que la paix
      Nous pensons à tous ces morts, pour notre salut
      Plus jamais çà ! Ils méritent notre respect !

      C’était un trou de verdure

      C’était un soir d’été, dans la douceur des prés
      Quand le soleil est las, d’éclairer la journée
      Que le vent cesse de souffler dans les cyprès
      Je me sens libéré, d’un travail acharné.

      Allongé de mon long, sur un tapis de fleurs
      D’herbes folles, que les derniers rayons me charment
      Caressent doucement, de leurs doigts cajoleurs
      Ma peau, je m’endors enfin, à l’ombre d’un charme.

      Il est doux de rêver, de pouvoir s’évader
      De vider son esprit, des mauvaises pensées
      Je me revois enfant, heureux de gambader
      Dans les champs de blés et de cueillir des pensées.

      Nostalgie ! Tu me tues, d’aimer, ces temps d’antan
      J’ai mal à l’âme, je veux fuir, tout oublier
      Car je t’en veux, à me rappeler ces instants
      De bonheur, pars ! Va-t’en ! Dois-je te supplier ?

      Pourquoi me faire souffrir ? Cruels souvenirs
      J’étais heureux et insouciant, j’aimais la vie
      Tout était beau et grand, j’avais un avenir
      Et un jour, plus que maudit, la mort m’a surpris.

      Je suis l’inconnu, sur la stèle funéraire
      La guerre, ce n’était pas les flonflons du bal
      Tombé au champ d’honneur, à côté de mes frères
      Deux trous, côté droit, je suis le dormeur du val !

      Mon amour, mon aimée

      Mon amour, mon aimée, je t’écris cette lettre
      Le temps est gris, il pleut depuis tôt ce matin
      Et un froid glacial engourdi tout mon être
      Sans pouvoir te voir, mon moral est atteint.

      Je reste à mon poste à surveiller l’ennemi
      D’en face, mais il peut surgir à tout moment
      Prêt à tuer un gars qui n’est pas mon ami
      Car je le sais, la guerre n’est pas un roman.

      Mon amour, mon aimée, si je meurs aujourd’hui
      Tu mettras dans ma tombe, mes fleurs préférées
      Un joli bouquet rouge, ainsi que quelques fruits
      Des livres de qualité, ceux que je dévorais.

      Je ne la crains pas, je n’ai pas peur de la mort
      Elle peut venir un soir au détour d’un chemin
      M’annoncer la fin, ainsi prévenu du sort
      Réservé, mon sang n’a pas l’odeur de jasmin.

      Mon amour, mon aimée, pour la folie des hommes
      Tu seras surement veuve, je ne serais plus
      Tu regarderas les photos de notre album
      En pensant à nous, à ce bonheur révolu.

      Si mon corps ne doit pas pourrir au fond d’un trou
      Et que je revienne atrocement blessé
      La gueule cassée, auras-tu un vrai dégoût
      A me voir ainsi, tu ne pourras l’encaisser.

    Vous lisez 2 fils de discussion
    • Auteur
      Réponses
      • #3479088
        Mascotte d'Oasis
        Avatar photomeldois
        Membre Oasis
          • Sujet: 1185
          • Réponses: 15294

          Bonjour Elteor,
          Un très beau poème poignant et une magnifique description de cette atroce guerre dans tes vers.
          Comme j’ai beaucoup apprécié cette ambiance et ce décor très touchant.
          Les allemands étaient en avance par rapport aux français. Ils possédèrent du matériel très efficace pour couper les barbelés.
          J’ai appris au musée de la Première Guerre Mondiale à Meaux que les tranchées allemandes étaient soit-disant chauffées. Bien sûr, si je ne me trompe pas car j’ai vu beaucoup de choses très intéressantes.
          Bon samedi!
          Amitiés
          Alain

          L'aiglon de MEAUX "
        • #3479279
          Mascotte d'Oasis
          Avatar photoRomanNovel
          Membre Oasis
            • Sujet: 4171
            • Réponses: 25949

            Un très bel ensemble de poèmes en un , très poignant, qui montre le trauma de cette foutue guerre et dont la descendance de chaque pays ne veut plus connaître ces horreurs de la guerre mais vivre en paix les uns avec les autres.

          • #3479427
            Administratrice
            Avatar photoSybilla
            Maître des clés
              • Sujet: 17846
              • Réponses: 198213

              Bonjour Olivier,

              Une suite de magnifique poésies poignantes sur cette terrible guerre !

              Belle journée cher ami poète Olivier !
              Toutes mes amitiés
              Sybilla

              Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
          Vous lisez 2 fils de discussion
          • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.