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LA CLEF D’AILLEURS 13

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoSybilla, le 05-04-2024 15:11.
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    Plume de platine
    ★★★★★☆
    Avatar photoParceval
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      13

      EXPECTATIVES

      J’allais la relancer mais elle m’a devancé. Elle avait pris le temps, laissé passer le flux des émotions soulevées par sa lecture, pris un peu de distance. Elle souhaitait se rendre sur place, là où on avait trouvé la voiture. Je la trouvais agitée, presque en colère…
      On s’est rejoints « en ville » à Carbonne et on a filé à la base nautique du barrage. Je lui ai présenté Médor, qui l’a trouvée fréquentable. Après quelques flatteries et grattage d’oreille, il en était raide dingue.
      Nous avons fait quelques pas sur la rive.
      –  Bon, dit-elle, je ne vais pas y aller par quatre chemins : Ce ne peut être que Vincent qui a rédigé ce texte, tout correspond à mes propres souvenirs, les anecdotes de Carla-bayle, le fait que je le trouvais assez sombre ces derniers temps, et le sentiment que notre relation était sans issue. Je comptais d’ailleurs reprendre ma liberté dès mon retour… Pour le reste, c’est complètement fou. Qu’il soit tombé aussi rapidement dans cet état dépressif avec cette idée fixe, ce délire sur cet endroit. J’ai cherché partout : il n’y pas de lieu-dit ni de propriété du nom de Peyrelade dans la région. Et ces dispositions qu’il aurait prises à mon égard. Maintenant je comprends pourquoi les enquêteurs sont aussi insistants avec moi. Encore heureux que j’étais aux US. En plus, pourquoi ici pour en finir? 
      Je renchéris :
      –  Oui, pourquoi ? Le seul lien que je puisse faire me tracasse vraiment. Il se trouve que j’ai un oncle, aujourd’hui décédé, dont le prénom était Bertrand ; je vis dans la maison qu’il m’a laissée, et je fais assez régulièrement du jogging ici avec mon chien. Et puis encore : c’est Médor qui a ramené l’étui de cuir. Vous vous rendez compte de la somme de coïncidences qui ont pu faire que ce soit mon chien, que je n’aie pas jeté cette chose informe, que le neveu de Bertrand la lise, qu’il vous trouve et que vous en preniez connaissance.
      – D’autre part, tout le monde semble persuadé qu’il a réalisé son projet funeste. Mais si on y regarde de plus près, s’il y fait allusion, prend des dispositions, mais ne mentionne pas formellement le choix de se suicider. De disparaître, oui, mais quand ? Le jour de l’enlèvement de la voiture, c’est peut-être lui qui a donné l’étui à Médor. 
      Elle médite un moment et me dit :
      – C’est vrai, sur sa lettre de rupture et d’intention d’en finir, rien effectivement n’indique de manière certaine ce choix. Tenez, lisez…
      Et elle me passe la lettre.

      « Caro, mon cœur, je te sens loin de moi, et cette certitude n’a rien à voir avec la géographie. Tu l’as deviné, je l’ai lu dans tes yeux, lorsque tu rentreras, ça n’aura pas changé. Je l’ai pourtant souhaité, appelé de mes vœux : faire ma vie avec toi. Un rêve, une idée, car je suis inapte à m’engager plus avant. Continuer et laisser notre relation dériver vers une amitié fraternelle est au-dessus de mes forces et je pense que tu ne le souhaiterais pas. Je culpabilise de t’avoir laissée espérer dans notre avenir.
      Je sais que ces derniers temps, je n’ai pas été d’une compagnie bien agréable. Je ne suis pas bien du tout, hanté par des rêves récurrents, et depuis que nous sommes allés au Carla, taraudé par le désir de savoir d’où je viens, moi qui n’ai jamais eu de problème avec ça. J’en suis au point de passer mes jours et mes nuits en recherches stériles : j’ai été trouvé, point, barre. Je suis un homme sans passé, et par là même, incapable d’avenir.
      Ne m’en veux pas, tu m’as donné beaucoup. Je m’en vais, j’ai rendez-vous ailleurs.
      Je te baise les mains
      Vincent 

      Sa lecture me conforte dans mon analyse. Les termes employés y sont particulièrement ambigus. Nous nous regardons, frappés par la même impression et une vague angoisse : Pour des raisons que nous ignorons, nous sommes tous deux concernés, et l’ombre de Vincent est là, qui plane en filigrane…

      Du souci à se faire…

      Asuivre

      Parceval

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      • #3506305
        Administratrice
        Avatar photoSybilla
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          • Réponses: 198121

          Bonsoir Cher Ami poète Parceval,

          Cette histoire est toujours aussi intrigante !
          Vivement la suite !

          Belle soirée Cher Ami poète Parceval !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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