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LES DORMEURS DU MAL

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoSybilla, le 18-06-2024 14:14.
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    Plume de platine
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    Avatar photoELTEOR
    Membre Oasis
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      Les dormeurs du mal

      C’était un soir d’été, dans la douceur des prés
      Quand le soleil est las, d’éclairer la journée
      Que le vent cesse de souffler dans les cyprès
      Je me sens libéré, d’un travail acharné

      Allongé de mon long, sur un tapis de fleurs
      D’herbes folles, que les derniers rayons me charment
      Caressent doucement, de leurs doigts cajoleurs
      Ma peau, je m’endors enfin, à l’ombre d’un charme

      Il est doux de rêver, de pouvoir s’évader
      De vider son esprit, des mauvaises pensées
      Je me revois enfant, heureux de gambader
      Dans les champs de blés et de cueillir des pensées

      Nostalgie ! Tu me tues, d’aimer, ces temps d’antan
      J’ai mal à l’âme, je veux fuir, tout oublier
      Car je t’en veux, à me rappeler ces instants
      De bonheur, pars ! Va-t’en ! Dois-je te supplier ?

      Pourquoi me faire souffrir ? Cruels souvenirs
      J’étais heureux et insouciant, j’aimais la vie
      Tout était beau et grand, j’avais un avenir
      Et un jour, plus que maudit, la mort m’a surpris

      Je suis l’inconnu, sur la stèle funéraire
      La guerre, ce n’était pas les flonflons du bal
      Tombé au champ d’honneur, à côté de mes frères
      Deux trous, côté droit, je suis le dormeur du val

      Il pleut des balles d’enfer, un crachat de mitraille
      Le temps est lourd, pesant, du fer dans les entrailles
      Je meurs et je ris ! A m’en faire mal ! Ciel bleu
      Un beau jour de guerre, pour périr sous le feu

      Ils étaient fiers, ces grands et beaux bataillons
      Marchant du même pas, à creuser des sillons
      L’ennemi ancestral, incarnait tout le mal
      Contre lui, on retrouvait, l’instinct animal

      Terrés dans des trous de rat, parmi les charognes
      TUEZ ! TUEZ ! S’entretuez, sale besogne
      Pourquoi ? Pourquoi ? Je vois la mort autour de moi
      Ces corps meurtris, tout ce sang versé, pourquoi ?

      Suis-je né pour cela, c’était ça mon destin
      A porter un fusil, marcher vers le chemin
      Qui me mène au tombeau, sauver la patrie
      Au prix de ma vie, quel mépris, quelle ironie

      Entendez-vous, résonner le son du clairon
      Annonçant la fin des combats, sur le perron
      De mairie, énoncer les noms des combattants
      Victoires, faits d’armes et leurs exploits éclatants

      Et dans les villages de France se dressent
      Près des vieux marchés, la stèle vengeresse
      Où sont inscrits les patronymes des héros
      Honneurs aux morts, à tous ceux tombés sans un mot

      Méditer braves gens, la guerre est folie
      Furie des humains, elle n’est jamais abolie
      Que ma mort vous serve, éviter ces horreurs
      Sauver vos vies et fuir les fureurs d’un führer

      Chaque nuit, de nouveau l’éternel cauchemar
      J’ai mal ! Si je pouvais, ne plus me souvenir
      Je pourrais m’endormir et larguer les amarres
      Evacuer de l’esprit, ces maux à bannir

      Je revis, je revois, je ressens et je meurs
      D’incessants tourments qui rongent les fondements
      De mes pensées, des humeurs, rumeurs et clameurs
      Carnaval de douleur, à crier d’hurlements

      Au matin, sur la peau, des sueurs de métal
      Dans la bouche, le goût amer, du temps passé
      A combattre dans les tranchées, un jeu brutal
      La mort autour de moi, la peur de trépasser

      Le feu des enfers, le fer brûlant de l’obus
      Eclatant, déchirant les chairs, mettant à nu
      Nos ancestrales torpeurs, toujours à l’affût
      Epiant l’ennemi, attendant sa venue

      Comment survivre, avoir vécu tant d’horreurs
      Rester indemne, je ne peux plus supporter
      Les réminiscences des combats, les frayeurs
      Des soldats à l’assaut, les corps déchiquetés

      Je porte les cendres de la guerre, relique
      D’un voyage vers l’abîme, vers le néant
      Où l’homme n’est plus humain, arme métallique
      Au service de la folie de mécréants !

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        Administratrice
        Avatar photoSybilla
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          Bonjour Cher Ami poète Olivier,

          Je ne comprends pas pourquoi les humains ont depuis l’aube des temps ces idées de possession, de pouvoir, de conquêtes de territoires insatiables….
          Plus ils en ont, plus ils en veulent… Et au détriment de qui…?
          Du peuple qu’elles que soient les nations….
          Cela leur sert à quoi d’agir ainsi sinon d’amener pleins de personnes sur les tranchées et qu’ils soient motorisés ou non, à mourir…

          Ta façon très particulière d’avoir utilisé un personnage décédé lors d’une guerre montre combien tout cela est absurde !
          Oui, les guerres sont absurdes et terriblement cruelles….

          Magnifique poésie poignante qui m’a beaucoup émue en te lisant !

          Belle journée Cher Ami poète Olivier !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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