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Sujet
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Une autre histoire – 16 –
Il appelle : oui, on peut leur monter un en-cas. Et une bouteille d’Asti. Ça ne fera pas de mal.
En grignotant les mignardises, le dialogue reprend. Elle peut évoquer l’humiliation subie, c’est encore tout frais, et les doutes qui l’envahissent. ..
? Je ne veux pas être ton lot de consolation, ni la maîtresse que tu pourras sonner en cas de besoin.
? Laure, tu ne vas pas être jalouse de celle qui m’a été enlevée. Je te l’ai dit, c’est écrit dans ma vie. Et d’ailleurs c’est grâce à son souvenir apaisé que je suis venu ici. Et toi, tu es mon ticket gagnant pour un nouveau chapitre. Moi , j’assume le passé, mais toi, il te faut purger ces
pensées délétères et regarder devant, je t’y aiderai.
Mine de rien, l’en-cas était délicieux, un bon point pour le service de bouche. Un macaron pour terminer avec une grande flûte d’Asti. Face à face, les yeux dans les yeux, leurs mains se sont trouvées.
? Je vais te laisser, Laure. J’ai dit c’est quand tu veux, ça sera quand tu voudras.
Il se lève et va prendre quelques affaires. Lorsqu’il revient, elle est devant la porte.
? Non, maintenant je veux, tant pis pour moi.
? Putain, Laure, un lit n’est pas l’autel du sacrifice, que fais-tu de nos sentiments, ont-ils le goût de l’éphémère ?
Une pause tendresse, enlacés, face aux dernières lueurs du couchant. Jusqu’au retour impératif de leur désir. Clore la baie vitrée, se trouver face à face. Et glissent leurs peignoirs, se rejoignent leurs lèvres, la douceur de leur peau, en prélude à la nuit.
Jeté le couvre-lit, les draps frais les accueillent. Je ne vais pas te manger ? Mais il la mange toute. Pas une once de peau n’échappe à ses lèvres, propageant l’incendie. Et ses mains de partout caressent et s’émerveillent : La pointe de ses seins, la courbe de ses hanches, la rondeur de ses fesses, la toison soyeuse du temple de Vénus. Elle n’est pas en reste, gémit et ondule, récite son credo, répond à ses caresses. Un soupir et un cri, les mains crispées sur ses épaules…
Il quitte à regret la douceur de son ventre, rallume la veilleuse . Ses yeux sont grands ouverts. Il laisse s’apaiser les vagues du plaisir, lui baise la main , en profite pour lui donner un étui et dit avec douceur :
? Mon dieu que tu es belle. Et après les hors d’œuvres, où allons-nous partir ?
? Où tu voudras, mon cœur, c’est moi qui tiens la barre…
Plus tard, oui, bien plus tard, ils succombent au sommeil. Aux prémices de l’aube, Bastien retient son souffle pour ne point réveiller sa belle endormie lovée sur les draps dans un complet abandon. Il la voulait, il l’a eue au-delà de tout ce qu’il espérait. Saura-t-il la garder ? Il lui semble retrouver du sens au mot amour.
Un réveil en tendresse, avant les ablutions. On sonne : Le petit déjeuner sera servi au lit .
Il bloque la chambre pour un jour de plus, car ils décident de profiter à plein de ce dimanche. Ils partiront tôt demain matin. Rentrée avant sept heures précise-t-elle : sa sœur prend le café avec elle, d’habitude.
Leur journée sera bien remplie, c’est comme s’ils étaient ensemble depuis toujours. Croisière sur le bassin de Thau , seuls passagers dans le bateau à fond plat drivé par un ostréiculteur qui arrondit ses fins de mois en baladant les touristes. Le tour des parcs, aller à toucher Sète, virer à Balaruc et revenir en longeant le cordon lagunaire. Deux heures de pur plaisir qu’ils dégustent, enlacés sur le banc de nage en écoutant le naute disserter sur son activité. Suivi, évidemment, d’un déjeuner aux fruits de mer. Ce mec est un virtuose pour ouvrir les moules et les huîtres.
Pas de sieste, trop dangereux, mais la plage, promenade et baignade. Ils entrent en courant dans l’eau fraîche en s’aspergeant. De vrais gamins. La fin d’après midi les revoit sous la douche, ensemble, off course, et leurs espiègleries dérapent vite fait : ils dormiront très peu. Heureusement que la sonnerie du réveil leur permettra de rentrer à l’heure comme prévu.« C’est un beau roman, c’est une belle histoire … »
A suivre
Parceval
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