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Sujet
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Prose
Il arrive parfois que l’on se taise, non par oubli ni par distance, mais parce que les mots ont besoin d’un abri avant de renaître. Le silence devient alors une façon subtile d’aimer, une manière d’approcher l’autre sans le heurter, comme une caresse qui n’ose pas encore se montrer.
Dans ces silences s’abritent des gestes retenus, des désirs à peine formés, des souvenirs qui tremblent encore. Ils se déposent doucement, invisibles, mais assez présents pour se faire sentir, comme une main qui frôle sans toucher. Chacun y reconnaît un peu de lui-même : une nostalgie discrète, un aveu muet, une tendresse qui cherche ses mots.
Quand enfin la parole revient, elle porte avec elle la trace de ce silence. Elle n’est plus simple langage, elle est une confidence devenue voix, une part d’intime qui se dévoile. C’est alors qu’on comprend : se taire n’est pas s’éloigner, mais préparer un retour plus dense, plus lumineux.
Le silence n’est jamais un vide, il est un passage secret. Un espace où l’on respire, où l’on écoute battre ce qui n’ose pas encore se dire, mais qui demeure là, vibrant, prêt à s’élancer.Charef Berkani
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