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Sujet
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Prose poétique
Elles ne se ressemblent pas, et pourtant elles se comprennent.
La rose jaune ne sait pas mentir. Elle s’ouvre comme on parle trop vite, comme on aime sans calcul. Elle laisse voir son cœur sans détour, offerte à la lumière, presque naïve dans sa manière d’exister. Elle est le jour qui n’a pas encore appris la fatigue.
La rose rouge, elle, connaît déjà quelque chose du monde. Elle ne s’abandonne pas, elle se retient. Chaque pétale est une phrase inachevée, chaque courbe une hésitation. Elle ne refuse pas l’amour, elle le garde. Elle le protège, comme une braise qu’on ne souffle pas trop fort.
Entre elles, il n’y a ni rivalité ni distance. Juste un dialogue ancien : celui de deux façons d’aimer.
L’une dit : « Regarde-moi, je suis là. »
L’autre murmure : « Devine-moi, si tu peux. »Et peut-être que l’amour véritable naît précisément là, dans cet intervalle fragile, entre ce qui se donne… et ce qui se devine.
Charef Berkani
Chaque homme porte en lui l’enfant qu’il ?tait
Charef

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