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ILLUSIONS

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      Poème partagé par ELTEOR – création poétique en ligne

      Je crois Je crois en la
      poésie comme un acte de dévoilement
      Un geste qui
      arrache au silence ce qui cherche à naître
      Une façon de
      donner un visage aux ombres intérieures
      Et d’offrir une
      voix à ce qui demeure invisible
       Je crois aux mots
      comme à des éclats de lumière
      Chaque syllabe
      porte une mémoire et une blessure
      Chaque image ouvre
      un chemin vers l’inconnu
      Chaque vers
      transforme le monde que nous habitons
       Je crois que le
      poète ne décrit pas seulement la vie
      Il en révèle les
      mystères cachés sous la surface
      Il façonne avec
      ses émotions une vérité nouvelle
      Et laisse dans le
      temps une empreinte de son âme
       Ce Je, ce poète
      que je viens de décrire n’est pas moi
      Je suis l’autre
      Je, l’autre, le vrai, l’auteur pas le poète
      La poésie est mon
      support, mon mode d’expression
      J’écris à partir
      du mental et non point du cœur
       L’illusion du
      poème
       Je feins de croire
      au vers comme à l’onde sacrée
      Un fluide céleste
      où le mot devient saint
      Où la phrase
      jaillit, de mystère dorée
      Sous le souffle
      divin qui traverse l’humain
       Je singe la
      posture et la transe inspirée
      Des prêtres du
      verbe et des devins d’un soir
      Qui vendent la
      lumière aux âmes égarées
      En faisant
      repasser l’illusion pour voir
       Je mime le poète
      en proie à son génie
      Prophète de bazar
      que la Muse visite
      Qui canalise au
      ciel une voûte infinie
      Pour faire mousser
      l’ombre où son ego pèse et vite
       Mais ce cirque
      sacré n’est qu’une imposture
      Pas d’esprit dans
      la plume, aucun ange au balcon
      Je tricote des
      mots, j’ajuste la tournure
      C’est ma tête qui
      tient le garrot, sans pitié ni pardon
       L’illusion de l’épure Je crois à la
      parole brève, tenue au plus juste
      Au mot posé seul dans l’espace du blanc
      Chaque ligne respire, dépouillée et robuste
      Comme un souffle arrêté au bord du présent
       Je crois au peu
      comme à une forme extrême
      À l’épure qui tranche dans l’excès des discours
      Chaque fragment porte un silence lui-même
      Et dit moins pour atteindre un peu plus loin le jour
       Je crois au poème
      réduit à sa tension
      Sans ornement, sans image qui déborde
      Où chaque mot devient presque décision
      Et pèse dans la page comme un accord
       Mais ce peu
      calculé n’est qu’une autre manière
      De construire un effet sous couvert de retrait
      Je n’écris pas le vide ni l’essence première
      Je dispose des signes, et j’en règle l’arrêt
       Le mythe du vrai  Je crois à la
      parole nue, sans détour ni masque
      Au langage direct qui ne cherche pas l’effet
      Chaque mot y surgit sans calcul ni frasque
      Comme une vérité que rien ne défait
       Je crois au texte
      écrit au plus près de soi-même
      À l’émotion livrée sans filtre ni détour
      Chaque vers y respire une présence extrême
      Et touche par sa simple mise au jour
       Je crois au poème
      comme aveu nécessaire
      À la voix qui se donne sans rien retenir
      Où l’écriture devient un geste sincère
      Qui dit ce qui insiste et ne peut que surgir
       Mais cette vérité
      n’est qu’une forme apprise
      Un rôle que l’on tient en croyant se livrer
      Je n’écris pas le vrai, je construis sa reprise
      Et c’est par le langage que je viens le fabriquer
       Le mythe de la
      perfection
       Je crois à
      l’ouvrage patient des mains sur le texte
      Au vers repris cent fois jusqu’à sa juste loi
      Chaque rime ajustée dans un équilibre complexe
      Comme un mécanisme exact qui ne tremble pas
       Je crois au mot
      choisi, pesé, replacé
      À la coupe précise qui affine le sens
      Chaque son contrôlé, chaque écart effacé
      Pour atteindre au plus près une pure évidence
       Je crois au poète
      artisan de sa phrase
      Qui polit sa matière jusqu’à la rendre lisse
      Et fait de son langage une parfaite base
      Où rien ne dépasse et rien ne glisse
       Mais cette
      perfection n’est qu’un lent maquillage
      Un ordre imposé au désordre vivant
      J’écris sans revenir, je traverse la page
      Et le poème advient dans l’instant

      Le mythe du
      lecteur
       Je crois au poème
      qui trouve son lecteur
      Qui traverse le temps pour atteindre une vie
      Chaque vers y devient un lien intérieur
      Et rejoint en silence ce qui était enfoui
       Je crois aux mots
      capables d’ouvrir une présence
      D’éveiller dans l’autre un écho familier
      Chaque image prolonge une intime résonance
      Et fait naître un espace partagé
       Je crois au texte
      offert comme une rencontre
      À la voix qui circule et ne reste pas seule
      Chaque poème y trace un passage et montre
      Que l’écriture relie ce que le monde isole
       

      Mais nul mot ne
      rejoint une autre conscience
      Il se perd dans l’écart entre dire et sentir
      Je n’écris pas pour être compris ni en présence
      Le poème est seul et ne fait que surgir

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