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Poème partagé par ELTEOR – création poétique en ligne
La troisième Je n’arrive pas à
dormir, mon esprit est en feuJe fais un rêve
horrible, un songe incroyableJe suis assis sur
mon lit et je regarde un miroirJe vois un
troisième bras qui me fait signe Je me réveille en
sueur, soulagé que la nuit soit finieJe me lève, je
passe devant ce fameux psyché Horreur, la
réalité est pire que le cauchemarUn nouveau membre
est là à côté des deux autres Je tourne la main
de l’intrus, une bouche me souritJe crie de peur,
suis-je en train de devenir fou ?La dextre et la
senestre sont figées, ne bougent pasCelle du milieu me
parle, veut me rassurer Elle se présente
comme la création de mon cerveauElle n’est pas là
pour me porter préjudice, au contraireElle apparaîtra
seulement si j’exprime le désir Elle remplacera si
besoin mes deux mains d’écrivain La troisième main Au début je refuse
de lui confier le moindre geste
Je préfère m’abstenir plutôt que lui donner raison
Elle me réclame un crayon, du papier, je
refuse net
Je ne veux pas connaître ce dont elle est capable Une nuit je
m’endors le cahier ouvert devant moi
Au réveil plusieurs pages sont noircies d’une même encre
Les mots sont les miens, pourtant je ne les reconnais pas
Ils racontent une histoire que je n’ai jamais vécue Les phrases
parlent avec ma voix, utilisent mes silences
Elles vont plus loin que ce que j’aurais osé écrire
Je les relis sans savoir qui de nous les a pensées
Et je signe des textes dont je doute d’être l’auteur Elle écrit sans
fatigue, dépasse mes propres limites
Je la laisse faire quand les idées viennent à manquer
Elle ne fait jamais de faute, j’ai seulement une crainte
Le jour où elle n’aura plus besoin de moi C’était la
troisième Un matin je prends
la plume avant qu’elle ne se réveille
Je veux prouver que je peux encore écrire sans son aide
Mais mes vraies mains sont paralysées, elle les contrôle
La page reste blanche malgré mes efforts surhumains Ses doigts bougent
pendant que les miens restent immobiles
Elle écrit des vers que je n’ai jamais voulu produire
Pourtant chaque mot ressemble à ceux qui vivent dans ma tête
Comme si elle connaissait mes pensées avant qu’elles arrivent Je voudrais la
rejeter, retrouver mes anciennes habitudes
Mais sans elle mes cahiers restent vides et sans avenir
Elle termine mes textes mieux que je n’aurais su le faire
Et je commence à craindre celui qui tient réellement la plume Je ne sais plus si
elle est une partie de moi ou une étrangère
Je regarde mes mains chercher encore leur ancienne libertéJe ne peux plus
supporter ce troisième appendiceJe saisis une
hache et sans hésiter je tranche dans le vif
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prendre de la vie /tesse