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Poème partagé par Cristal – création poétique en ligne
Infinis
« Je est un autre. »
Le dernier homme* :
Laisse-moi reposer, ô monde, laisse-moi vivre
Sans rêve et sans regret : cette nuit de mes jours ;
J’ai fermé la fenêtre où chantaient mes amours,
Et mon cœur, au tréfonds, a renoncé à suivre.
J’ai vu tomber les dieux comme tombent les feuilles,
Sans bruit, au fond de l’âme où dort le souvenir ;
Je n’attends plus le soir qui devait revenir,
Ni l’aube — et sur mon deuil, en vain, je me recueille.
J’abjure l’idéal, cette poussière à l’âme,
J’espère en mon confort, je renie toute flamme ;
Mais qui donc m’a brisé pour un peu de chaleurs ?
L’âme meurt lentement, sans aimer mais attendre :
Aurai-je au moins vécu ? N’aurai-je fait qu’entendre
Le sanglot du désert, entre songes et pâleurs ?
Le poète :
Non, puisque l’âme rayonne à puiser en nos ombres :
Elle porte en son sein le feu du premier jour ;
Un souffle là suffit pour étoiler l’amour,
Et chaque étoile y tremble aux abîmes sans nombres.
Je crois au grand Soleil que rien ne diminue,
Je crois au chant du monde, idéal que tu fuis ;
L’Éternité m’appelle au travers de la nuit
Comme l’oiseau de l’aube au-devant de la nue.
Toute âme est un soleil où la lumière chante,
Qui rougeoie et flamboie quand le crépuscule hante.
Contemple ton abîme et goûte à la clarté !
Car la douleur se fond en sublime harmonie
Du calame étoilé sous l’étreinte infinie
Avec les horizons d’où point l’éternité !
*cf. Nietzsche.
Tous droits réservés, 2026.
Julien Lou de Baère
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