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Sujet
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(à mon ami gravement malade, un peu plus chaque jour qui s’en va)
Mon ami.
Ne pars au loin finir
Ce qui commence ici.
C’est…
Sous le soleil
Dans la ronde des fleurs
Que l’eau tourne !
Dans tes yeux
Que la terre se réveille !
Dans ta main
Que tu reçois le ciel !Les pas,
Dans la maison qui résonne
Où le monde ne craint personne,
C’est…
La solitude des arbres
Qui emplit les ombres !
Le vent qui frappe à la porte !
C’est le temps
De chaque pierre morte
Qui répond.Mon ami.
Ce que tu vois, là-bas
De feu qui roule,
De murmure
Et de terre rouge,
C’est…
Le crépuscule
Qui se mouille !
L’eau qui rouille !
Un rai sur la table
De soleil qui bouge !
Ce sont mes larmes
Qui n’oublient pas !
Ne t’oublient pas.Dans l’eau calme
Réfléchie du miroir,
Tout me laisse la mémoire
Plus longue que l’histoire
Finir l’espoir.D’encre perdue
D’encre qui tâche,
C’est encore la nuit
Au fond du buvard,
Parfums et feuilles
Qui s’échappent du tiroir,
Doublant d’azur
Les souches du soir.Mon ami,
Tout est en retard !
De chez toi à moi,
Le mistral, la pluie, les lunes,
Brûlent
Et ne cessent de pleuvoir !
Tout part,
Et revient dans un mouchoir.
Laissons les souvenirs
Trouver les étoiles,
Quelque part.
Quelque part,
Dans le feu noir.Toi l'ineffable devenir,
Dont je bois les mots de l'autre c?t? des choses.
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