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Sujet
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(A mon Ami PEINTRE qui n’est plus) François
Plage. L’esquisse. L’essence. La lagune.
Terre dans l’eau. Plume nourrie d’écriture. J’ai froid ce matin.
Et ce soir, je grelotterai devant le feu de bois
Des coups répétés qui frappent la mémoire.
La flamme s’emballe. S’étoile.
Sous la couverture de la lune. Je pense à nous.
Ce pays aux frontières ouvertes. Au mystère derrière les portes.
Sur la ligne des vols. De l’autre côté. Où le ciel plonge dans la mer.
J’ai froid. Toujours cet espace.
Tu parles avec les voies, plus étroites que la chance.
Et je te lis entre les lignes.
Je dois savoir. Croire. A moi de boire l’éternité des sables.
Tu es la plaine qui glisse qui remplira la toile.
Les pieds coulés. La main dans l’encre qui se laisse porter.
Je regarde autour de moi. Faite d’horizons, la barque ferrée au givre.
Derrière le miroir. Toi que je vois à travers nous, dans les nuances hivernales.
Puis la donne. La joie. La tristesse. La lampe à l’école du savoir. Et du devenir.
La chanson de Jacques Brel sur le disque noir qui tourne. « Ne me quitte pas ».
Bouteille jetée à la mer. La lettre enroulée de soleils. Pour Elise.
Dans le double bleu du ciel. Que tu articuleras.
Beethoven composait. Et tu chantais les cordes dans les églises.
Les notes s’égrènent. Les souvenirs perlent, s’enchaînent.
C’est la machine. La déchirure dans les pierres.
Assise sur le banc passé des prières, le temps m’échappe.
Et je pense dans le vent.
Près de l’autel. Comme un moulin attelé à ses ailes.
A tes gestes sereins. Le poêle que tu allumais.
Les poussières que tu balayais avant les offices.
Aux bougies qui tremblaient de toucher l’air.
L’encens qui filait. Ébruitait le silence.
Le rituel.
Tes larmes patientes. Ajoutant des rives de l’autre côté du ciel.
Nos pas, dans l’immortalité. Dans les pas mouillés de soleil.
Des deux arcs-en-ciel.EMA
Toi l'ineffable devenir,
Dont je bois les mots de l'autre c?t? des choses.
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