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Sujet
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Insomniaque incurable
Noctambule incorrigible
Animal nocturne
J’erre toute la buit
Dans les rues de ma ville
A la quête d’une partie égarée
De moi-même
A la recherche de la vérité suprême
De l’extase même
Et je me perds
Dans les dédales de la cité
Je perds tous mes repères
Proie à une cité
A une cécité citadine
Je vois…
Les rues de ma ville pleurent
Ses murs se fissurent
Ses drapeaux sont en berne
Ses places sont en peine
Ses veines saignent
Ses tours plient l’échine
Ses maisons se mettent à gémir
De froid, de faim, de peur
Une brume obscure
Monte de la mer
et dévore la terre
Les choses deviennent cauchemardesques
Les êtres deviennent fantomatiques
Les chats de la rue deviennent gris
Et se mettent à ronronner
Comme des démons affamés
Les chiens perdus deviennent des loups
Et se mettent à hurler
A la nuit étoilée
et comme toutes les nuits
Ils forment des hordes menaçantes
Sanguinaires, voraces, effrayantes
Dévorant des cadavres nauséabonds
Dans des poubelles malodorantes
Les ivrognes vomis par les bars
Deviennent barbares
Les filles chassées des lupanars
Deviennent sorcières
Les barbares et les sorcières
Forniquent sur le bitume
Et enfantent des bâtards infirmes
Toutes ces âmes en peine
Hantent la ville sereine
Errant dans ses veines
Et buvant son sang
Ma ville pleure sa douleur
En silence
Avant l’heure de la première prière
Je m’égare
Les ruelles familières
Deviennent labyrinthes et mystères
Je vois…
D’affreuses ogresses
Démesurément grosses
Outrageusement maquillées
Joufflues, ventrues, fessues
Nues comme des vers
M’entourent
J’ai peur, je cours
Je trébuche
Je tombe
Dans le gouffre de la ville
Et je vois…
La mer envoie ses mouettes
Violer la nuit muette
Et délivrer ses démons
Le vent maudit lance ses rafales
Les prospectus de la campagne électorale
Deviennent des cerfs-volants
Emportés par l’ouragan
Ils vont droit aux urnes
De l’enfer!
Je me perds
Les lampadaires viennent de partout
A cet étrange rendez-vous
Ils forment une émeute gigantesque
Et entament une marche apocalyptique
La terre se met à frémir
Le ciel se met à gémir
Et s’ouvre le cratère
de l’enfer!
Je vois…
La ville exhibe sa laideur
Et exhale sa puanteur
Son ventre sent le soufre
Les vampires se réveillent
Et survolent la ville endormie
Comme les chauves-souris
Ces oiseaux maudits!
Les enfants de la rue
Répondant à un appel inhumain
Se tiennent par la main
Et vont laver la honte des humains
Dans les vagues de l’océan
Miséricordieux et clément
Ils en sortent propres
Et nous reviennent
Purs et innocents
Je les vois…
Ils allument un feu de joie
Et dansent toute la nuit
Au rythme de leurs cœurs
Qui battent la mesure
Comme des tambours
Et malgré la nuit obscure
Malgré ma cécité nocturne
Malgré ma surdité citadine
Je vois la lune danser
J’entends la mer chanter
Et je sens ma ville s’apaiser
Désensorcelée
De sa démence nocturne
L’aube étend sa blancheur diurne
Les démons retournent en enfer
L’enfer ferme ses portes
La clarté du jour lave la ville
Tout revient à sa place
Tout redevient normal
La lumière lave les trottoirs
Chasse les sorcières
Blanchit les murs
Ferme les fissures
Répare les cassures
Soigne les blessures
Embellit la laideur
Et rend ma ville pure
Neuve, belle et épanouie
Elle lui met sa robe de mariée
La prépare à sa noce matinale
En lui chantant son aubade
Et comme chaque matin
Je vois
Ma ville épouser l’océan!
Insomniaque incurable
Noctambule incorrigible
Animal nocturne
je deviens un citoyen
Et je rentre chez moi
Étourdi, engourdi,las
Et je vois…
Dans sa tombe
Mon père fait ses ablutions
Pour la première prière
Il lève la tête brusquement
Me regarde longuement, intensément
Faisant un effort considérable de mémoire
et me dit en ricanant:
Tu n’es qu’un enfant de la nuit
Un oiseau perdu
un poète maudit!
Et je vois…
La tombe se ferme soudainement
Et tout disparaît miraculeusement
Je reste là
Seul et égaré!
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AGADIR, le 10/8/2009Ma vie n'est plus une barque dans une mer enrag?e
Et je ne suis plus le naufrag?!
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Mostafa, point fat, seul, las, si doux, r?vant de sa mie!!!
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