-
Sujet
-
…la moule a perdu le soin
D’être à l’aise dans son coin
Ma main vient la chercher
Elle se ferme, essayant de se cacher
Je tire, elle tente de s’accrocher
A ce vieux rocher
Elle hurle, me priant de la lâcher
Je suis sourd à ses pleurs
J’ai faim
Je tire, elle lutte
Je suis le plus fort
Et déjà je casse son corps
Sa chair, je la dévore
Comme un ogre
Chair salée par l’eau sale de la mer
Et mon ivresse est amère
Oui
Je mange la moule, je mange la moule
Et je m’en vais loin, loin de votre foule
Errer, ce n’est pas mourir
Errer, c’est vivre
Errer, c’est chanter
Loin de la cité
Dans le vide
Dans les trous
Le ventre creux
La poussière dans les yeux
C’est mieux, c’est beaucoup mieux
Que de vivre avec vous
Oui, je casse les coquillages
Oui, je pisse sur les nuages
Oui, je ne suis plus sage
Oui, je suis un sauvage
Mais je suis un homme
Qui refuse votre argent, votre or
Vos bijoux, votre confort
Moi, je mange la moule
Moi, je suis toujours seul
Moi, je suis toujours saoul
Et déjà je crève dans la rue comme un chien
Misérable, je n’ai rien, je ne suis rien
C’est mieux, c’est beaucoup mieux
Que de vivre avec vous
Messieurs
Avant de mourir
J’ai deux mots à vous dire:
Je ne veux plus vous voir rire
Ni parler, ni pleurer, ni sourire
Je vous laisse à vos certitudes, à vos habitudes
Là-bas, c’est le vent, le soleil, le ciel et le vide
Ici, les vivants crèvent
Là-bas, les rêves
Ma vie n’est pas ici
Gardez votre pain
Gardez votre vin
Merci!
La moule est partie
Vous l’avez polluée
Vous l’avez tuée
Je n’ai plus rien à manger
Ne me dîtes pas que je suis en danger
Le danger, c’est votre sourire de renard
Menteurs, hypocrites, voleurs, bâtards
Messieurs les gros mots
Vous empoisonnez mon eau
Vous réveillez mes maux
Vous marquez ma peau
Parmi vous, je meurs
Je dois partir
Je n’ai rein à perdre
Je suis libre et je chante
Je descends la pente
Puis je cours et je monte
J’arrive à la cime
Et je danse
Il pleut de la lumière
Je bois jusqu’à la transe
Errer, ce n’est pas mourir
Errer, c’est vivre
Errer, c’est chanter
Loin de la cité…
……………………………………
Agadir, 1978Ma vie n'est plus une barque dans une mer enrag?e
Et je ne suis plus le naufrag?!
...............................................................................................
Mostafa, point fat, seul, las, si doux, r?vant de sa mie!!!
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.

😆
[/url]