Oasis des Artistes. Le plus beau site de poésie

Oasis des artistes: Poésie en ligne, Concours de poèmes en ligne – membres !

Fin d’été, fin d’un monde. *

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoIsabell, le 16-10-2010 13:48.
  • Créateur
    Sujet
  • #2612824
    Plume de platine
    ★★★★★☆
    Avatar photoclaude
      • Sujet: 560
      • Réponses: 1454

      J’ai vu Saint-Jean sombrer dans l’été vacillant
      Dans les lourdes senteurs des hauteurs lentement
      Fissurées par les vents, les nuages et les ans,
      Répandues en odeurs dans un Gardon bouillant.

      Mariages refermés comme corolles d’été,
      Célébrés au soleil, consommés dans l’automne
      Quand les voiles mariées longues et monotones
      En brumes de septembre descendent la vallée.

      Le héron alangui fouissant des eaux éteintes,
      Un Gardon à l’étiage roule ses galets nus,
      Mais déjà dans le ru toutes ces rides défuntes
      Prédisent la venue de bien plus fortes crues.

      Quelque chose, quelque part, des airs évanouis
      Dans le froissé d’une herbe, dans l’écho sans le bruit
      En tous lieux, tous espaces, inséminent du sens
      Comme terre emportée dans le jeu des alliances.

      Alors le temps prend place dans le serré des vies
      Quand aux vêpres toquantes se referme la Mairie;
      Aux chaleur des estives, c’était une fraîcheur;
      Au refroidi des heures, cela devient chaleur.

      Dans la rue, sur la place, dans le regard des vieux
      Qui contient tant du temps de ces années d’antan,
      On voit des farandoles et des banquets chantant
      Et puis des rires aussi : me voilà dans leurs yeux.

      Un touriste sur le tard tourne le tourniquet
      De ces photos sépias du village d’avant
      Comme d’une lanterne magique suscitant
      Sous ses yeux se déploient des mondes morts ou changés.

      La feuille est sans verdure écrasée par des hommes,
      Ce sont marrons et ocres en un fumet d’automne;
      Si encore la douceur tout ennoie l’horizon,
      Déjà le geste s’ébauche pour prévoir le frisson.

      Une page tournée, une feuille envolée,
      Un chien s’est arrêté, le héron en allé;
      Dans la nuit qui se pose, dans ce creux où reposent
      Des vies en hivernage sans doute plus moroses.

    Vous lisez 0 fil de discussion
    • Auteur
      Réponses
      • #2791698
        Modératrice
        Avatar photoIsabell
        Membre Oasis
          • Sujet: 221
          • Réponses: 7673

          Claude,

          En lisant le premier vers de votre poème :
          « J’ai vu Saint-Jean sombrer dans l’été vacillant »,

          j’ai immédiatement songé que j’allais lire un texte élégant … je ne me suis pas trompée …
          Non seulement votre poème est très élégant, mais il est aussi très profond et porteur de nombreuses réflexions sur la vie …

          Bien cordialement.

      Vous lisez 0 fil de discussion
      • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.