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Sujet
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J’ai vu Saint-Jean sombrer dans l’été vacillant
Dans les lourdes senteurs des hauteurs lentement
Fissurées par les vents, les nuages et les ans,
Répandues en odeurs dans un Gardon bouillant.Mariages refermés comme corolles d’été,
Célébrés au soleil, consommés dans l’automne
Quand les voiles mariées longues et monotones
En brumes de septembre descendent la vallée.Le héron alangui fouissant des eaux éteintes,
Un Gardon à l’étiage roule ses galets nus,
Mais déjà dans le ru toutes ces rides défuntes
Prédisent la venue de bien plus fortes crues.Quelque chose, quelque part, des airs évanouis
Dans le froissé d’une herbe, dans l’écho sans le bruit
En tous lieux, tous espaces, inséminent du sens
Comme terre emportée dans le jeu des alliances.Alors le temps prend place dans le serré des vies
Quand aux vêpres toquantes se referme la Mairie;
Aux chaleur des estives, c’était une fraîcheur;
Au refroidi des heures, cela devient chaleur.Dans la rue, sur la place, dans le regard des vieux
Qui contient tant du temps de ces années d’antan,
On voit des farandoles et des banquets chantant
Et puis des rires aussi : me voilà dans leurs yeux.Un touriste sur le tard tourne le tourniquet
De ces photos sépias du village d’avant
Comme d’une lanterne magique suscitant
Sous ses yeux se déploient des mondes morts ou changés.La feuille est sans verdure écrasée par des hommes,
Ce sont marrons et ocres en un fumet d’automne;
Si encore la douceur tout ennoie l’horizon,
Déjà le geste s’ébauche pour prévoir le frisson.Une page tournée, une feuille envolée,
Un chien s’est arrêté, le héron en allé;
Dans la nuit qui se pose, dans ce creux où reposent
Des vies en hivernage sans doute plus moroses.
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