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Sujet
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En ces murs que j’habite et qu’encore je hante ;
Dans le silence long de la nuit sur la Place
Jusqu’au matin béant éteignant les étoiles,
Ma plume court encore et ta peau en frissonne.
Quand ton pas lentement montant vers ma demeure
Ton esprit qui se penche au-dessus des écrits
Une flamme dévie en lumière des jours
Redonne sens au monde et écrit sa Légende
Révélée à tes yeux tout au long des Siècles
Qui posent sur tes lèvres ma vie encore en cours.Le lustre des tentures, le lustre du plafonnier
Ces antiques du jour qui résonnent en ton âme
Qui font de ma vie une raison possible.
Sur la vitre posée dessus mes mots gardés
Enchâssés comme trésor, ton regard en errance
Recherche mes cadences, et ma mémoire morte
Contrainte par ton emprise, anime des propos
Que tes lèvres murmurent, ré-écrivant ainsi
Des siècles et au-delà, passeurs enamourés
D’une humaine grandeur, bien en cela semblable
Aux déliés de mes lettres, une à une dessinée,
Dont le sens diffus profusant en tes yeux
Ce soir par ta voix s’épandant sur la place.
Quand une ombre se retire, une tenture bouge.La montre est arrêtée en la chambre d’Hugo ;
La plume de ses mots plantée en l’encrier.
C’est chaud mais fort aussi en cet antre de vie
Où un esprit nous reste, une écriture en cours
Qui presse mon stylo quand c’est lui qui me dicte
A mon tour, dans ma nuit, mais près d’une autre place,
Et ces mots qui me viennent, sentant bon le bois teint
Des meubles silencieux en attente de sa vie,
Et l’encre noire, comme sous un fusain
D’une araignée en toile et au centre, menaçante.
Tous ces mots d’où s’écoule une sève portante
Coulée sous sa dictée , empreinte d’un noir confus,
Je sais qu’ils porteront, en m’emportant ainsi,
Un possible nouveau, un accès de pouvoir
Tracer d’autres envies, de vivre et de vouloir
Dont les lignes sont écrites aux tranchées des volumes,
Aux croisées des chemins où encore je perdrais.La porte est refermée, l’escalier déserté,
Le musée replié pour une nuit encore ;
Mais la place animée des Beaux Arts et des faux,
Vacille puis déscintille et suspend son doré ;
Car au premier étage où scintille une flamme,
L’ombre lourde, fatiguée d’un homme qui s’estompe
Effleurant les trumeaux, s’isolant pour écrire ;
Seul dans son monde à lui, je l’entends murmurer
Des mots encore, et puis des mots toujours, et des proses
Sans fin, des idées sans mesure, et dans sa démesure
Une plume qui casse, tout un monde qui fracasse
En empêchant la Place de poursuivre sans fin.
Le flot est revenu devant le grand pupitre
Où enfin l’épopée des temps et des humains
Coule de sa plume comme indéfiniment
Et quand l’encre s’épuise, c’est le Siècle qui s’éteint.Je ne veux plus partir ni ce soir ni jamais ;
Vos rires qui s’éloignent, ne me manquent en rien ;
Tous ces mots qui me viennent et m’épuisent à se dire
Ne serviront plus guère qu’à poursuivre l’envie
De connaître et comprendre tout ce qu’il nous apprît
De plus grande valeur que ces bois d’acajou
Qui enchantent ma vue, où sa main se posa :
J’écris ce qu’il me dit tout en mourant aussi.
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