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Extrait de: Une vie, ma vie…. Toujours à la boutique…

  • Ce sujet contient 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photomomolemarin, le 24-12-2010 15:13.
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    Plume de platine
    ★★★★★☆
    Avatar photomomolemarin
    Membre Oasis
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      Navarro en jupon
      Au voleur
      Les midis en semaine dans ma boutique, je restais ouvert pour que les collégiens puissent venir se fournir en composants.
      Un midi donc, deux jeunes entrèrent. Pendant que l’un d’eux me posait des questions sur un soi-disant montage à faire en kit, je ne pus voir le deuxième hors de mon champ visuel. Nous étions à cette époque encore en bas, habitant derrière la boutique. Ma femme, dans la salle à manger, silencieuse, observait machinalement les deux clients. Je terminai mes explications à mon interlocuteur et les jeunes s’apprêtaient à me quitter, lorsque ma femme fit irruption dans la boutique et d’un pas décidé se dirigea vers un des collégiens, celui-là justement que je ne voyais pas pendant que je servais son camarade.
      D’un geste brusque, elle lui ouvrit son vêtement et en extirpa un objet qu’il avait eu tout le temps de dérober pendant que je discutais avec son collègue.
      Il s’agissait d’un transformateur basse tension pour, me raconta-il, plus tard, alimenter un circuit de télécommande.
      Ma femme, discrète avait tout vu grâce à une glace murale dans la pièce à côté. Plus surpris que fâché, je renvoyai les deux individus avec une simple engueulade. Ils furent trop contents de s’en tirer à si bon compte.
      L’histoire se serait bien arrêtée là mais, quelques jours plus tard, le surveillant du collège de mes deux chapardeurs vint chez moi faire un achat,
      Je lui fis part de mon infortune. Lui par contre ne voulut pas fermer les yeux car, me raconta t-il, des vols répétés avaient lieu au collège et il voulait bien faire cesser cela. Il me conseilla donc, sans porter plainte, de lui désigner les coupables. Devant mon incapacité à le renseigner sur les auteurs du vol, il me promit de revenir avec tout le fichier des individus susceptibles d’avoir commis le larcin. C’est ainsi que, plus tard, devant une centaine de fiches avec photos, j’essayai de reconnaître mes deux voyous. Après beaucoup d’hésitations, je lui montrai deux têtes. Il n’eut pas l’air étonné de mon choix.
      J’appris plus tard que les deux élèves que j’avais désignés avaient été renvoyés du collège. ils n’en étaient pas à leur premier coup, sévissant dans pas mal de boutiques avec toujours le même procédé. Pendant que l’un d’eux intéressait le vendeur avec des questions banales, F autre faisait main basse sur tout ce qui était à sa portée.
      Le plus écœurant de l’histoire était que les deux voleurs venaient de familles aisées. Pour le premier, son père était un grand garagiste bien connu sur Orléans, tandis que le second, était fils de magistrat.
      On ne se moque pas des gens de couleur
      Pratiquement tous les matins, en ouvrant la boutique, je mettais ma station Ci-Bi en route pour, entre deux clients, discuter avec tous les amis sur la fréquence. Ils étaient de plus en plus nombreux car, ma dizaine de postes vendus par jour augmentait d’autant le parc des dialoguistes.
      Un beau matin donc, jetais en conversation avec Nelly 45* qui me raconta entre autre chose sans importance qu’elle avait un nouveau voisin, un noir, et de me raconter:
      -« Tu le verrais Maurice, il est charmant. Pour rire, je le traite de tous les noms pour voir, mais rien n’\j fait, il rigole de toutes mes blagues. Je le traite pourtant de:
      Boule de neige, tas de charbon, boule de suif, blanche neige, il se marre encore plus à chaque fois. Il est vraiment extraordinaire.
      Toi qui a navigué Maurice, qu’est-ce que tu crois que je pourrais lui dire pour le fâcher un peu? Pour rire bien sûr, il voit bien que je ne l’insulte pas, sinon je ne me permettrais pas ».
      J’avais beaucoup navigué en effet, et je savais le mot qui le blesserait peut-être, mais toujours pour rire, entendons nous bien.
      Je lui lançai;
      -« Tu n’as qu’à le traiter de ‘museau bleu’, tu verras bien ».
      Elle me remercia sans y croire, et nous en restions là.
      La semaine d’après, elle fut la première sur ia fréquence. A peine me dit-elle bonjour qu’elle me lança:
      -« Je te retiens Maurice, avec ta connerie, mon voisin m’a fait la gueule pendant deux jours mais je n’ai toujours pas compris pourquoi ».
      Au début du siècle dernier, dans les bandes dessinées, la couleur n’existait pas encore. Pour différencier les hommes blancs des noirs dans les histoires, les auteurs rajoutaient aux personnages noirs une partie grise autour de la bouche. Voyez « les Simpson s », sur Canal plus. Mettez votre téléviseur en noir et blanc pendant la diffusion de ce programme, vous verrez!
      Donc, ce cher voisin noir n’avait pas apprécié qu’on le compare à ses lointains ancêtres, et il s’était vexé.
      Son intelligence prit le dessus malgré tout car, sa colère passée, il redevint ami avec sa voisine qui lui promit par contre de ne plus jamais se moquer de lui, même pour rigoler.
      * L’indicatif a été volontairement changé pour éviter d’éventuelles poursuites.

      Momo, ex b?b? Cadum, ancien beau gosse Maurice pour ses ?crits d'ancien marin de commerce D?clar? maladie de Charcot fin 2019, en fin de compte ce n'est qu'une neuropathie s?v?re &?volutive des membres inf?rieurs
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