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Villes

  • Ce sujet contient 2 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoPalmier, le 12-06-2011 16:40.
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  • #2616089
    Plume de platine
    ★★★★★☆
    Avatar photoPalmier
    Membre Oasis
      • Sujet: 2881
      • Réponses: 4888

      Poème partagé par Palmier – création poétique en ligne

      [size=large]Villes[/size]

      Des toits à l’infini, des toits à tire d’aile,
      Des cache miséreux, sous des vols d’hirondelles,
      Voilà ce que l’on voit par dessus l’horizon
      Des villes écrasées du poids de leurs maisons.
      Des tuiles, de l’ardoise ou du chaume qu’importe,
      Ces couvercles de vie, fermés comme des portes
      Etouffent sous leur poids des amours finissants
      Et laissent macérer les rêves des enfants.
      Lorsque pèse la nuit sur ces mornes étuves
      Où fermente l’espoir comme dans une cuve,
      On entend s’exhaler cette sourde clameur
      Qui monte du béton en de longues rumeurs.
      On entend digérer ce ventre gigantesque
      On entend gargouiller ces tripailles dantesques,
      Et les gaz s’échappant de cette digestion
      Intoxiquent le ciel d’immenses pollutions.
      Cela grouille, ça pue, ça se désentripaille,
      Ça hurle et ça rugit comme un champ de bataille,
      Ça chante à pleine voix des chansons à pleurer
      Et ça pleure toujours quand il faudrait chanter.
      La ville aux toits pesants abrite des misères
      Bien pire que la vie des plus pauvres chaumières.
      Elle n’a jamais eu la moindre mélodie
      Pour dorlotter d’amour la haine et l’avanie.
      Elle exhibe le pauvre, elle en fait étalage.
      Ça met de la couleur dans les rues, les garages,
      Sous les arches des ponts où le vent verglacé
      Soupire de les voir en loques, entassés.
      La ville s’est grimée pour cacher ses misères
      De milliers de lampions, de milliers de lumières.
      La nuit on voit de loin parader les néons
      Et l’on sait bien pourtant qu’au delà des flonflons,
      Qu’au dessous du vernis qui éclate en fanfare
      Il n’y a rien de plus qu’une immense bagarre,
      Une jungle de crocs, de griffes, où les gens
      Se battent chaque jour rien que pour de l’argent…

      C’est pourquoi quand je vais par hasard dans les villes,
      Je songe sans arrêt à des ailleurs tranquilles,
      A des serres sereins et apaisés d’azur,
      Aux vieux mas écroulés qui dorment sous leurs murs,
      A mes vieux châtaigniers qui crèvent en silence
      Mais avec dignité, avec de la décence.
      Et bien loin des néons, des lumières, des cris,
      Des illuminations, des fards et des vernis,
      Loin de ces illusions trompeuses et futiles,
      De ces vains projecteurs à vanités stériles,
      Je songe que la nuit est plus belle, je crois,
      Lorsqu’on entend chanter là-bas, au fond des bois,
      Le rossignol ému qui trille sa complainte,
      La hulotte chenue qui chuinte sa plainte,
      Et couiner le renard qui prend la poule au nid,
      Lorsque la lune vient, de son clin d’oeil jauni,
      Poser un reflet d’or sur ma vieille fenêtre,
      Et un baiser furtif sur ma tête d’ancêtre…

      Avec mes amities

      Alain

      Pour voir mon site : Mes vers a moi

      ""Les tambours de la solitude eveillent, aux frontieres de l'exil, l'Eternite qui baille sur les sables."""
      (Saint John Perse)

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      • #2810727
        Plume de platine
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        Avatar photoPalmier
        Membre Oasis
          • Sujet: 2881
          • Réponses: 4888

          Merci Doïna.
          Et d’ailleurs le rossignol chante aussi le jour. En ce moment même il y en a un qui chante sur le pommier en face de moi dans le jardin !

          Avec mes amities

          Alain

          Pour voir mon site : Mes vers a moi

          ""Les tambours de la solitude eveillent, aux frontieres de l'exil, l'Eternite qui baille sur les sables."""
          (Saint John Perse)

        • #2810733
          Plume de platine
          ★★★★★☆
          Avatar photoPalmier
          Membre Oasis
            • Sujet: 2881
            • Réponses: 4888

            merci Angiee

            Avec mes amities

            Alain

            Pour voir mon site : Mes vers a moi

            ""Les tambours de la solitude eveillent, aux frontieres de l'exil, l'Eternite qui baille sur les sables."""
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