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Le dernier pâtre de Gondebaud (1ère partie)

  • Ce sujet contient 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoseptentrion, le 04-09-2011 17:11.
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    Plume de soie
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    Avatar photoseptentrion
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      [u][b][size=medium][color=0000FF]Prélude*[/color][/size][/b][/u]

      « (…) L’obscur est un chemin, la lumière est un lieu,
      Le Paradis qui jamais ne fut
      Ni ne sera -mais qui est vrai,
      Et dans ce vide…plein de ronces,
      Plein de mûres -comme dans un bois
      Les morts croissent pour sa joie. (…) »

      * [Extrait de « Poem on his birthday » de Dylan Thomas]

      [b][size=xx-large]1ère Partie: L’ERMITAGE[/size][/b]

      Insatisfait par ce siècle, le vieil homme s’était retiré du monde.
      Cet exil volontaire l’avait soulagé de pesantes rancoeurs et frustrations accumulées tout au long d’une vie qu’il avait fini par juger trop terne. Un cycle au cours duquel il s’était contenté de servir « en bon citoyen » un système qui lui avait fallacieusement dénaturé sa liberté de pensée et d’action.
      Combien de fois son sang n’avait-il bouilli!!!
      Contenu par le conditionnement « civique » dont les maîtres de ce monde tiraient si sournoisement les ficelles…
      Libéré de toute entrave, il avait fait table rase de tout cela; même si quelquefois, l’amertume de ce passé récent refaisait surface; le harcelant jusqu’aux confins les plus reculés de ces sentiers broussailleux qu’il aimait tant et tant emprunter, suivant à couvert quelque bête sauvage en quête de nourriture.
      Souvent le ventre creux, grelottant par certains hivers trop rudes; c’était le lourd tribut payé à son choix, mais il s’en accomodait tant bien que mal, savourant avec délectation cette liberté nouvelle, obtenue au prix de bien des renoncements!
      Les années l’avaient rendu sage.
      Et il savait que cette liberté n’avait pas de prix.
      Sans pour autant se cacher, il se montrait peu. De loin, les gens du pays l’apercevaient parfois, surplombant les collines, les yeux perdus à l’horizon, avec pour seule compagnie que ses quelques chèvres. Ne répondant pas aux appels, le temps et l’usage l’avaient toutefois paré d’un surnom cher aux villageois. Souvent, avec le respect des humbles, « le vieil ermite ».
      Plus rarement, avec mépris, « le vieux fou »…

      Il vivait au fond des bois, parmi son maigre troupeau, dans une antique masure de serfs maintenue à l’état de ruine, sans qu’il n’ait jamais jugé nécessaire d’y rajouter le morceau de toit qui briserait l’harmonie de ces quelques vieilles pierres couvertes d’un manteau de lierre. Glouton de symboles, il savourait cette liberté totale -c’est un comble!- dans cette demeure misérable bâtie par et pour des serfs…
      -Manant et gueux dans l’âme-, ces lieux respiraient paradoxalement la noblesse d’une authenticité miraculeusement retrouvée. Cette symbiose faisait sa fierté.
      L’usage s’étant perdu quant à l’interprétation exacte de certains rites ancestraux, il aimait cependant toucher ces mots épars gravés au coeur de la pierre. L’âme, l’histoire et le charme de sa bâtisse d’adoption…Et même s’il n’en cernait que très vaguement le contexte historique ou mystique, ce simple contact tactile, presque charnel, le plaçait hors du temps…

      Par une nuit sans sommeil, à la faveur de la lune pleine, le vieillard pistait un lièvre magnifique réchappé des collets posés la veille. Homme simple mais de défi, sa nouvelle vie l’avait aguerri aux pistages de longue haleine; sachant relever le moindre indice -imperceptible par le promeneur citadin-, la moindre brindille foulée, la moindre déjection trahissant le passage ou la proximité d’un animal.
      Cette quête l’avait conduit dans un sentier abandonné aux ronces, bordé par les troncs colossaux de chênes multicentenaires, derniers témoins d’une présence humaine depuis longtemps désertée.
      La végétation y était compacte, presque oppressante. Et chaque pas était une lutte entre l’homme et la nature. Les avant-bras couverts d’épines, nageant littéralement dans un océan d’orties, malmené par une houle urticante, le flux et le reflux de ces tiges fouettées rageusement; malgré la douleur, la curiosité et l’aspect insolite de cet environnement si proche et pourtant si méconnu l’avaient mis dans un état proche de la transe; contrastant avec la folie douce et naïve dans laquelle l’avait progressivement plongé sa trop longue solitude.
      La singularité du site avait joué en faveur de l’animal fugitif. Consciemment ou non, celui-ci s’était joué de l’homme. La faim au ventre, le vieillard dut néanmoins se résoudre à accepter l’issue famélique de cette chasse qu’il avait voulue loyale… »question de principes » marmona-t-il.
      La bataille perdue, au nom de quels principes ne rebrousserait-il pas chemin?
      Une nouvelle bataille le hantait.
      Une volonté qui dépassait les propres limites de ses muscles usés par les années le poussait à savoir où menait ce mystérieux sentier, que le hasard ou la providence avait fait renaître sous ses pas.
      Effrayé par la puissance de cette obstination, le vieil homme s’arréta, hébété, pour reprendre son souffle et ses esprits.

      L’astre du jour se levait. Il pointait par rayons au travers du feuillage, signalant la proximité de l’orée du bois. reprenant sa canne de noisetier, il entreprit d’essarter nerveusement les derniers mètres de broussailles.
      Le sentier débouchait sur une petite clairière, surplombée d’un tumulus ceint de vestiges épars. Un rempart dérisoire en gardait faussement l’accès.
      Intrigué par sa découverte, le vieux franchit la première porte de l’enceinte. Il aurait pu aisément pu la contourner, mais soucieux des usages, il pénétra en ce lieu insolite par cette issue, sans même saisir le non-sens comique de son cheminement.
      Au centre se dressaient les restes d’une chapelle romane.
      Rongé par les assauts du temps, l’ancien lieu de culte avait été déserté depuis des lustres. Et consécutivement à son abandon, la nature avait avantageusement repris le dessus sur l’ouvrage humain, recouvert de lierre et d’angélique sauvage qui embaumaient les plus subtiles senteurs des bois. Bien que dans un état pittoyable, l’édifice inspirait le respect; dégageant une force mystérieuse, impalpable, invisible, indescriptible…
      Un ruisseau passait par le choeur de cette cathédrale de verdure, se perdant ensuite dans les bois desquels devait naître sa source; semant des îlots de mousse épaisse.
      Assoiffé, le vieillard se désaltéra copieusement, faisant couler de cette eau limpide et fraiche, aux délicats parfums de mousse et d’humus, dans le creux de ses mains jointes.
      Un soupçon d’inquiétude survint quant à ses chèvres. Vite chassé par un retour à la réalité qu’il s’était imposé. Elevé délibérément en totale liberté, son maigre troupeau n’avait jamais été entièrement soumis à la volonté de l’homme. Tout au plus tolérait-il sa présence, tirant un mince avantage sunstantiel de cette cohabitation implicite. Leur retour à l’état sauvage, en l’absence de prédateurs, ne serait donc qu’un pas vite franchi! La crainte du pâtre dissipée, le chevrier n’était provisoirement plus.

      Des ronces pendaient des grappes de mures dont il se résolut, bon gré mal gré à faire son maigre repas. Se rassasiant de cette mâne, son attention fut attirée par une cascade de mûriers sauvages, chutant d’un pan de rempart. Gravée sur une lourde pierre de taille figurait une inscription peu lisible qu’il entreprit de nettoyer sommairement…
      Ses lèvres lurent en même temps que ses doigts: « deo gratias » suivi de « intra muros ».
      Ses brèves connaissances de la langue latine, encore langue d’église du temps de sa prime jeunesse, lui permirent d’en saisir le sens.
      Le soleil poursuivait sa course. Et l’ombre du rempart gravé grandissait jusqu’aux bois…
      Cernées et envahies par une nature conquérante, les ruines ressemblaient à une enclave, un havre de silence, inquiétant ou rassurant, une oasis de fraicheur où le viellard se résolut de se remettre de ses émotions.
      Un tapis de mousse épousait confortablement la forme de son crâne. Sa chevelure « fleurie » reposait sur le sol détrempé, et le ruisseau aux flots capricieux happait quelques longues mèches de ses cheveux; les faisant danser dans le sillage de son onde.
      Le chant des flots lui ferma les yeux…

      A son réveil, le soleil était haut. S’étirant pour faire passer les courbatures de ce sommeil précaire, son estomac ne cessait de le harceler de gargouillis incessants.
      Au coeur de la chapelle, il inspecta avec circonspection l’enceinte intérieure, arrachant minutieusement les tiges-lianes parasitant l’édifice. Pris d’un désir inconscient de rendre aux lieux un peu de leur grandeur, il continua à grand-peine son ouvrage. Elan mystique?
      Etait-il d’ailleurs croyant? Entre croyance et superstition, ou peut-être par éducation, il s’était parfois surpris à s’interroger sur les rapports existentiels liant les destinées à des forces supérieures dépassant l’entendement humain.
      Sa croyance était naïve et pure. Un synchrétisme de souvenirs bibliques et des cycles de la nature, auxquels il vouait une admiration sans limites.
      -La nature et ses secrets-, qu’elle lui révélait capricieusement, au rythme des saisons, au hasard de rencontres qui lui permirent de connaître les habitudes et caractères de la faune environnante, les vertus curatives des plantes et la prévision du temps; simplement en observant cet équilibre qu’aucune science humaine ne saurait égaler.
      Plus par usage que par conviction aveugle, sa nouvelle vie l’avait conduit à célébrer un bien singulier panthéisme chrétien. Et voila qu’il se surprenait à mutiler cette jungle luxuriante, recouvrant de droit de vieilles ruines abandonnées, oubliées, et probablement méconnues de tous.
      La vie est un combat.
      Et la végétation conquérante avait vaincu la mort de cet amas de pierres devenu vétuste, inutile et insignifiant. Plus que cela, ce manteau végétal, pour le moins providentiel, semblait leur redonner vie. Un processus semblable à sa propre expérience…
      Conscient de cette ineptie, il était tourmenté par ces mots, que le hasard ou la providence avait mis sur sa route.
      « …in…deo…gratias…intra…muros…deo…gratias… »
      Ces mots gravés martelaient son crâne avec rage, sous son front plissé et ridé…

      L’ampleur sonore de cette forge mentale semblait d’intensité variable; tantôt insoutenable, tantôt atténué par le chant sourd des eaux.
      -« Quel fou frapperait pareillement enclume? » se surprit-il à penser tout haut, comme pour s’assurer qu’il ne rêvait pas.
      -« La raison me fuirait-elle déja?… »
      « Le doute prend possession des failles » songea-t-il avant de choisir le parti à prendre.
      Etonnamment, sa volonté et son libre arbitre semblaient étreints par un étau terrible; ramenant au néant cet éclair de lucidité.
      Aux entrelacs de ces frappes régulières semblait se superposer une complainte éthérée, hourdée de concert par la brise et les flots.
      Aux sons se substituaient des mots; au terme d’un processus pour le moins singulier. Tout d’abord murmurés, tels une comptine sortie des lèvres d’une jeune fille timide, ils amorcèrent -par un habile crescendo- une émouvante mélodie, entonnée d’une voix limpide et douce:

      « …De Céans estoys l’oréade
      Fille du vent et de la lune
      Fol s’éveille en ce lit d’escume
      Quicumque… »

      (silence)

      -« Joins ta voix à la mienne » implora la voix de jeune fille.
      « Alors nous serons plus proches… »

      La surprise et le doute firent place à une terreur indicible, face à laquelle le viellard crut salutaire de pousser le cri instinctif et puissant qui chasserait cette voix… »forcément imaginaire… »

      Mais une étrange homélie bravait cette brève interruption; rompant avec la sensibilité troublante et le lyrisme de l’ode précédante.

      Sur un ton monocorde et inquiétant, la voix disait:

      « …Gw…Cromlechs…Nostre
      Ci siest berçuel d’ante race
      Sis piedz soz terre troperaz trace… »

      (silence)

      La voix étrange reprit d’un ton suppliant, faible comme un murmure: « Rejoins-moi… »

      Surmontant son effroi, le vieux ne pouvait qu’admettre la réalité de cette voix, dont la perception sonore était bien réelle. Pour la première fois depuis la manifestation de ce phénomène insolite, une force le poussait à admettre l’inadmissible, en attendant de trouver une explication rationnelle à la situation.

      -« Cette voix vient forcément de quelque part! » pensa-t-il tout haut.

      -« Je veille sur toi depuis le début… » lui répondit-elle.
      « Au commencement, j’ai guidé tes pas…Tu as goûté les fruits de ma splendeur pour apaiser ta faim…La rosée de mon corps a épanché ta soif…J’ai bercé ton sommeil et visité tes rêves… »

      Tournant sur lui-même, le vieux dut se rendre à l’évidence: tout ceci n’avait été qu’une hallucination due à son état de fatigue extrême.

      Mais insistante, l’entité mystérieuse reprit: « Genou à terre et vois… »

      Penché sur les flots bleus du ruisseau, il vit en reflet une jeune fille d’une beauté peu commune, qui l’observait -captive d’un monde inversé- comme blottie derrière un miroir sans tain, une vitrine ou quelque chose d’approchant… »ou un aquarium » ajouta-til comme pour conjurer ses craintes.
      L’intensité de son regard, empli de force et de douceur, de glace et de chaleur, laissait une impression unique de par l’apparente contrariété des sensations perçues.
      Ses yeux, comme deux pierres d’iris, semblaient parcourus d’une myriade d’éclats, ombragés par moments par sa chevelure mouvante faite de minces filets d’eaux claires. Prolongeant cette magnifiscence, sa fine tunique, séante et majestueuse, laissait, en clair obscur, deviner les lignes pures d’un corps de Diane.
      L’ombre d’un jeune enfant semblait jouer en arrière plan.
      Mais le vieillard n’y accorda que peu d’attention, captivé par son étrange interlocutrice dont les traits, d’une perfection extrême, le rappelaient à de très lointains souvenirs.
      Une sensation de « déja vu » le parcourait; un souvenir; l’image d’une telle beauté ne pouvant disparaitre sans laisser de traces, même d’une mémoire aussi usée que…Un souvenir de jeunesse…
      … »Est-ce possible?… »
      -« Vultrade!…
      Miséricorde…Mériterais-je ton pardon?
      Je ne pouvais savoir…les tiens t’ont fait passer pour morte…
      Accepte mon repentir… »

      -« Je t’ai attendu si longtemps… » répliqua-t-elle serainement.
      « De la terre ferme à l’eau, un seul élément nous sépare.
      Franchis l’obstacle, et nous serons à nouveau unis.
      Pour l’éternité… »

      l’effroi provoqué par de telles paroles stimula ses dernières ressources mentales. Et son ultime quartier de volonté, de libre arbitre, se dressa en bloc contre si obscur serment.

      -« Arrière, créature malfaisante! Tu n’es pas Elle, car Elle n’est plus!… »

      (Il accompagne ses propos de vains moulinets; brassant les eaux basses du ruisseau, les parsemant d’inutiles et brefs ronds d’eau, comme pour effacer le souvenir de cette vision malsaine.)
      Dans son élan, il trébucha, perdit l’équilibre, tenta un ultime rétablissement, et finit par s’affaler gauchement dans le lit du ruisseau; heurtant violemment de son crâne une lourde roche saillante, coupée de son champ de vision par d’imposants îlots de mousse.
      de minces filets pourpres coulaient en cascatelles sur ses paupières mi-closes. Luttant en vain, quelques instants, pour ne pas perdre conscience, les séquelles de sa chute le firent lentement sombrer.
      Des bulles crevèrent la surface.
      Dans chacune d’elles, le même visage, multiplié à l’infini…

      Il se sentit soudainement happé et entrainé à un rythme fulgurant.
      Une dépression toute aussi brutale semblait ralentir ce déferlement d’images, imprimées dans son subconscient pendant ce court périple.
      A son grand étonnement, bien que le contrôle de ses membres et de ses sens parût lui échapper, ses perceptions sensorielles semblaient intactes. Une palette de sensations d’une richesse inouïe avait pris d’assaut le dernier bastion de son for intérieur, dès l’instant de sa chute.
      Pendant une fraction de secondes, il avait cru voir des visages tristes penchés avec compassion sur son corps pantelant, le baiser de Vultrade; un flot grandioses d’images, de sons et de couleurs lui avaient redonné, ce court instant, la sensation d’accumuler les émotions de plusieurs vies.
      Amour, miséricorde, courage et béatitude s’étaient déclinés en lui sous toutes leurs formes. Les sensations produites, stimulées par de subtils artifices sonores, l’avaient plongé dans une extase épicurienne qu’il eût, en d’autres circonstances, frappée du sceau de l’inconvenance. L’alternance houleuse de rythmes et de sons évoquait étrangement la structure d’une chevauchée wagnérienne, entrecoupée d’interludes minimalistes échappés de boîtes à musique…
      …Les semences du sommeil éternel…Lentement, une brume ténébreuse se propageait; semblant noyer ses sens dans le gord d’un néant goîtreux…
      …Le manteau suffoquant des ténèbres de glace…
      …Des pas…L’écho lointain d’une procession…
      …Des bribes de voix…Cousues d’étoffes de silence…

      ______________________________________________________________________________

      * »(…) Dans le silence caverneux,
      Oscillant de la vague, un angélus pleure blanc
      Son glas de trente cinq cloches
      Frappé contre crâne et roc de ses amours naufragées,
      Gouvernées par la chute des étoiles.
      Et demain pleure dans sa cage aveugle
      La peur enragera en secret
      Avant que les chaînes se brisent au feu du marteau
      Et que l’amour déverrouille l’obscur (…) » *

      * [Extrait de « Poem on his birthday » de Dylan Thomas]

      _______________________________________________________________________________

      [b][size=xx-large]FIN DE LA 1ère PARTIE [/size][/b]

      Po?te? Non, simple courant d?air, Des mots qui prendront la poussi?re, Des chateaux de sable, ?ph?m?res, Sans pr?tention, pos?s, offerts...
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