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Poème partagé par Noel-Opan – création poétique en ligne
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Dès l’aurore attelés quatre jolis chevaux
S’affairent au timon, piétinant d’impatience.
D’attardés voyageurs aux profils médiévaux
S’empressent de monter en cette diligence.Il est tôt, ce matin, quand se meut le convoi
Et que tout, alentour, s’ébranle dans le bruit.
Lors, le son du clocher confirme que l’envoi
Est sur le point d’ouvrir son fidèle circuit.A côté du cocher un énorme escogriffe
S’est assis pour veiller à la paix du voyage ;
Et le monde embarqué adoptant cette biffe
Se force, en l’habitacle, à parler pour l’usage.On n’a point de rancœur à laisser apparaître
L’éclat de sa tenue et de son rang social.
Parmi les passagers un velu quartier maître
Claironne à qui l’écoute un passé colonial.Et chacun d’observer son voisin dans son port,
De montrer de l’entrain à camoufler sa vie.
On se plaît, sans dédain, durant ce long transport
A croiser le discours d’une voix asservie.– Que fîtes-vous, alors, dit soudain la Marquise
– Au Gendarme effaré d’une telle question.
– Votre simple devoir pour gérer cette crise
– Eut été d’empêcher qu’on y fît rébellion.* Vous, Madame sans gêne occupez votre rang
* Pour donner du conseil à qui sert dans l’honneur.
* Vous semblez dans la peine à voir que votre sang
* Est traîné sans pareil par ce mot chicaneur.Ce fut la seule entrave à l’entente cordiale
Qui reprit aussitôt sa verve convenue.
On débattit de tout, sans aucune cabale,
Pour que la compagnie assurât sa tenue.Ainsi allait la chose en toute diligence,
Quand son si long chemin évitait les écueils.
Personne ne tombait dans la moindre obédience
Mais gardait du mépris pour les sautes d’orgueil.………………..
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