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Poème partagé par ethiel – création poétique en ligne
Vous écrire un poème, au fond ça rime à quoi ?
Sinon qu’à m’inventer, sur fond d’imaginaire,
Une main pour répondre aux « Comment et Pourquoi ? »,
N’ayant d’explication dans aucun dictionnaire.Vous parlez de ce temps, ce Passeur quotidien,
Qui s’emploie machinal à pousser d’heure en heure,
La clarté de ces jours dont il est le gardien;
Vers l’obscurité pleine, où chaque nuit demeure.Trouver une raison pour deux malheureux vers
Se battant en duel, au désert d’une feuille,
Avec du sable blanc pour unique univers;
S’emportant pèle-mêle, où la pensée s’effeuille.Parler pour ne rien dire, en somme une rançon
Toujours un peu trop maigre au corps de l’écriture,
Qui se nourrit de sens, et de toute leçon
Qu’enseigne une autre voix, avec sa tessiture.Vous écrire un poème, et m’y plaindre « à quoi bon »…
Ce passé si présent; ce présent qui recule;
A tout crin sous un vent balayant le charbon
D’une triste promesse; où la mort nous accule.Vous raconter pourtant combien j’ai contemplé
Le néant sur le bord du ravin Crépuscule;
Où toute solitude aime à se repeupler
Avec les grands frissons, d’un air qui la bouscule.Vous chanter plus d’amour qu’il n’en existe en vrai,
Dans nos réalités où tant de coeurs se meurent;
En s’enfonçant d’une ombre où l’espoir les livrait,
Au bas du désespoir, que tant de visions pleurent.Mais vous chanter quand même, et tant pis si c’est faux,
Tant pis si je chimère et puis vous illusionne
Avec de l’onirisme éludant mes défauts,
Et tout ce mal de vivre, ô qui me contusionne.Vous écrire un poème, et oublier d’un coup,
Que vous m’aviez manqué, avant ces quelques lignes
Transportant quelques mots puis baisant votre cou
Plus sucré qu’un raisin, sublimant tant de vignes.Poursuivre un flot d’idées, et s’en rendre à son cours
Quelque peu capricieux quand s’écoule une attente
Louant l’éternité, et des yeux pour secours
D’une crue d’affliction, qui devient menaçante…Puis regarder sécher quand revient le soleil
Ce filet d’encre amère écorchant tant de phrases,
Et réveiller pour vous cette plume en sommeil
Glissant sur les joyaux, de quelques périphrases.Vous écrire un poème, et puis l’abandonner,
En soufflant tendrement la poussière où se voile
La mystérieuse adresse où j’aimerai donner,
La douceur de ces mots; que le coeur nous dévoile.-Olafur Arnalds – Undan Hulu – The cello song-
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