-
Sujet
-
Poème partagé par ethiel – création poétique en ligne
Et si je m’en allais, avec le chien rageur,
De mon gros baluchon tissé comme une toile
D’arachnide aux crochets et venin ravageur;
Qui me mord nuit et jour; où mon destin se voile.Oui si je décidais au retour d’un bâton,
Que la vie me balance; haut de ma tendre enfance;
Que j’ai pris dans la gueule; à en baisser d’un ton!
… De m’en laisser abattre, en pleine indifférence.Si je prenais soudain « La porte! » aux buissonniers
Se gonflant d’en savoir tant des échappé-belles,
Qu’ils sortaient en riant d’en être les derniers
Moins que rien qu’on promet… ramasseurs de poubelles.Oui si je pliais tout; à tord ou à raison:
L’eau de mes sentiments; mon coeur et sa chamade;
Ce bois beaucoup noir là sous les frondaisons
D’un placard d’émotions, couvant un feu nomade.Oui si je plaquais tout, comme embrassée d’un choc;
Pour m’en débarrasser de toute la poussière
Qui s’amoncelle au creux d’un vrai bonheur en toc
Glissant en courant-d’air, pour troubler ma tanière.Si j’en partais d’un rien pour m’en rendre à sa fin;
Puisqu’il est un début à tout ce qui commence
Par courir à sa perte, et par mourir enfin;
… Comme une parenthèse, autour d’un vide immense.Oui si j’en partais seule en fermant au compteur
La source illuminant mon esprit trop critique;
« – Ira ou n’ira pas? » -Question d’interrupteur…
Mais en me foutant bien, de sauver la boutique!Si je filais soudain à l’Anglaise… ou plutôt
Comme un lièvre en détale, ou trace à vive allure;
Tant ça sent le chien chaud; la mâchoire en couteau;
Le fusil qui transpire une chasse à conclure.Oui si j’allais voir loin sans plus rien calculer;
Au devants de questions ou derrière un problème
D’équation résolue qui ne peut qu’acculer
… Face à cette Inconnue, qui me rend déjà blême!Oui si je décidais, et si j’étais bien sûr;
-Comme à rentrer Paris dans ma triste bouteille-
De ne rien regretter d’un chemin clair-obscur
… Alors qu’un Oiseau chante, un air qui m’ensoleille.Ô si je m’y perdais et que j’en restais là
Assise à l’écouter siffler dans mon oreille
Un printemps par ici; des ceci des cela,
Et autant de douceur, que ça m’en émerveille…Oui si j’en restais là, dans l’immobilité
Pour seulement sentir mes cheveux en bataille;
Ma robe en plein discours volant et agité;
Sous ce vent chaleureux, qui balaie ma grisaille.-Harold Budd – Algebra of darkness-
———————————
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.