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Poème partagé par Selenia – création poétique en ligne
V I E N S !
Ce soir encore
Tandis que la nuit dort
Moi je sors
A l’écart
Je regarde le ciel
Les étoiles qui veillent
Et n’ont aucun regard
Et si mes joues ruissellent
Et si brûlent mes yeux
Si ma gorge est en feu
C’est parce que j’imagine
Que dans l’ombre cheminent
Tes pas que si souvent j’attends
Je crois sentir sur moi tes mains
Un frisson dans le creux de mes reins
Car ce sombre univers est le tien
Par cette obscurité
De nul autre habitée
Je te rejoins
Dans cette fièvre qui m’étreint
Ce soir qui est le tien
Est le mienVoici que je t’appelle
Mon amour … viens !
Viens … mais viens !
Tu es si loin
Et à distance mon amour
Comme la longue attente
De la nuit jusqu’au jour
Pour mes larmes tremblantes
De ce soir jusqu’au lendemain
Viens mon amour ! viens !La nuit est noire
Mon amour dérisoire
Sans limite sans lendemain
Mon amour … viens !
Je ne dors pas ce soir
Et toi pas davantage
Et tous mes maquillages
Mes bijoux mes parfums
Ces battements de cœur
Crispations de mes mains
Ils te sont destinés
Je n’ai pas d’autre destinée
Que toi que ton corps près du mien
Mon amour … viens !
Dans les taillis flirtent les ombres
Et les feuilles s’enlacent
Silhouettes sans nombre
Sous le souffle du vent
Devant le lune lentement
Un nuage qui passe
La caresse et l’embrasse
Mon amour … viens !Dans cette solitude
Qui semblerait à nous
C’est ma seule attitude
Je plie les genoux
Je replie les mains
Devant mon regard fou
C’est en vain que j’efface
De toi ces images fugaces
Au ciel les étoiles grimacent
Et mon ventre se tord
Sur moi je me ramasse
Et la douleur qui mord
Et cet amour plus fort
Plus cruel que la mort
A chaque fois que bat mon cœur
Que mon souffle y répond
Me détruit de douleur
Je te donne à cette heure
Chaque respiration
Mon amour … ! viens !
Viens donc !Ce matin
Je m’éveille
Murmure en mes oreilles
Brouillard en mon regard
Je sens ce cœur qui bat
Qui vibre et qui respire
Mon ventre se déchire
Je te donne tout ça
Déluge de délire
Tu m’apprenais à rire
Tout ce qui fait la vie
Toi tu me l’as appris
Et je ne veux rien d’autre
N’ai besoin de nul autre
Cette pluie matinale
Que je sens sur mes joues
Cette vie trop banale
Qui m’enchaîne et me cloue
Comme un terrible mal
Au stade terminalJe n’ai plus de recours
Je t’appelle au secours
Encore dès ce petit matin
Je t’appelle mon amour
Mon amour … viens !1991
Dépot SCAM
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