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Sujet
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Paroles: Claude Delécluse et Michèle Senlis, musique: Marguerite Monnot (1956)
Moi, j’essuie les verres
au fond du café,
j’ai bien trop à faire
pour pouvoir rêver.
Et dans ce décor
banal à pleurer
il me semble encore
les voir arriver.Ils sont arrivés
se tenant par la main,
l’air émerveillé
de deux chérubins,
portant le soleil
ils ont demandé
d’une voix tranquille
un toit pour s’aimer
au coeur de la ville.
Et je me rappelle
qu’ils ont regardé
d’un air attendri
la chambre d’hôtel
au papier jauni.
Et quand j’ai fermé
la porte sur eux
y avait tant de soleil
au fond de leurs yeux,
que ça m’a fait mal,
que ça m’a fait mal.Moi, j’essuie les verres
au fond du café,
j’ai bien trop à faire
pour pouvoir rêver.
Et dans ce décor
banal à pleurer
c’est corps contre corps
qu’on les a trouvés.On les a trouvés
se tenant par la main:
les yeux refermés
vers d’autres matins,
remplis de soleil
on les a couchés,
unis et tranquilles,
dans un lit creusé
au coeur de la ville.
Et je me rappelle
avoir refermé,
dans le petit jour,
la chambre d’hôtel
des amants d’un jour.
Mais ils m’ont planté
tout au fond du coeur
un goût de leur soleil
et tant de couleurs,
que ça me fait mal,
que ça me fait mal.Moi, j’essuie les verres
au fond du café,
j’ai bien trop à faire
pour pouvoir rêver.
Et dans ce décor
banal à pleurer
y a toujours dehors…
la chambre à louer.Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)
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