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Poème partagé par Noel-Opan – création poétique en ligne
Un félin dépêché, par la faim le gagnant,
Décida de chercher un doux mets alléchant.
Ce mal de l’estomac le forçait à sortir
Trouver l’économat enclin à le servir.Le décor fort champêtre au lieu de l’entreprise
Le porta sous un hêtre à veiller sur sa prise.
Un mulot attardé gambadait sur la place
Semblant fort rancardé : voilà que ça l’agace.Un seul bond le situe auprès de l’animal
Qui, surpris à sa vue, infirma tout le mal
Dont le chat l’accusait. Il lui demanda grâce
En disant qu’il allait, promenant, voir sa race.En feignant de pâtir, notre juge en action
Laissa l’autre courir un instant sans motion.
L’observant s’éloigner, il reprit à la hâte
Le corps du condamné et ce d’un coup de patte.La sentence aussitôt en ces lieux prononcée
Demandait un bourreau qui n’était point pressé.
La défense assurée au seul gré du plaignant
Fût sitôt arrêtée en un geste méchant.Notre bête en mourut foudroyée par les coups
Et son corps vermoulu fut roulé dans la boue.Le sifflet d’un oiseau semblait sonner le glas
Ce qui mit aussitôt le chat dans ses états.
Mais cet apitoiement du siffleur engagé
Excita promptement le minet enragé.Laissant gésir le mort, il partit à la guerre
Chercher du réconfort contre ce légionnaire.
Son présumé bretteur ignorait son méfait,
Et donnait pour son heur un concert si parfait.Le combat singulier n’ayant plus lieu à terre
Félin mit son soulier à crampons sanguinaires.
Avançant doucement en fixant bien l’oiseau
Il attendit l’instant favorable à l’assaut.L’attaque déclenchée égale à un éclair
Fit tomber dans le pré victime et mercenaire.
Le bel oiseau blessé se plaignait de son aile,
Quand le chat empressé s’amusait de plus belle.Visitant quelque fois le rongeur endormi
Revenant avec joie embêter le meurtri
Il fit durer le jeu qui semblait le ravir,
Oubliant même ceux qui parfois le font fuir.Un évadé farouche, aboyant alentour,
Fit cesser l’escarmouche et le jeu sans détour.
Le joueur délogé de l’endroit giboyeux
Regretta le beau met le rendant si joyeux.A se livrer sans fin pour guetter deux victimes
Bientôt Maître félin s’enfonça dans l’abîme.
Au début pour sa faim il se mit à l’affût
Mais son vice malin lui porta le raffut.A vouloir trop jouer de ses griffes pointues
On finit par trouer trop de peaux dévêtues.
Et ce jeu si cruel laisse au sol bien des corps
Qui sont moins sensuels allongés dans la mort.
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