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Poème partagé par Noel-Opan – création poétique en ligne

Voici venu l’instant d’une saine retraite
Où l’esprit doit laisser le moral au repos,
Sans conter, plus avant, sa dernière défaite.Poète ! Sans scrupule emplis ton entrepôt
De clichés méconnus et de vues inédites :
Nous saurons aux beaux jours les voir autour d’un pot.La légende tenace apprend par ses redites
Au peuple dans l’émoi qui retient son hoquet
Qu’il doit toujours lutter contre ses peurs maudites.Au sein de tout rempart, agiter son hochet
Montre à tout le troupeau que l’on aime son monde,
Ce qui permet, surtout, de se faire embaucher.Tous les anges veillant sur les cris à la ronde
Savent bien distinguer, en fixant leur regard,
Où sont les agités qui tonnent de faconde.Or sur les grands pavés qui font le boulevard
Des gens fort démunis cachent si peu leur mine
Que l’on voit aussitôt qui mérite un égard.Mais les passants pressés, ignorant la famine,
Poursuivent leur chemin sans étendre leur main,
Pour donner leur obole en humble vitamine.Pourquoi donc s’écrier, grâce à un parchemin,
Que l’on est au malheur pour la fin de sa vie
Quand, dans un différend, on a chassé l’humain.Dans l’auguste reflet de son port plein d’envie
On apprend que le preux est conquérant ou presque,
Qu’il fait tout pour soigner sa faim inassouvie.Lors le peintre attentif, attelé à sa fresque,
Promène ses pinceaux sur la toile buvard
Qui boit sans retenue une scène ubuesque.Il peint tel Delacroix le drapeau des loubards
Qui s’en vont au devant de gens sans grand mystère
En jouant dans l’excès un rôle de flambards.Qui sait donc si les cieux qui regardent la Terre
Ont les yeux de Chimène ou bien ceux de Vulcain
Qui conçut sous l’Etna la foudre pour son Père.Si l’heur vient à sonner à votre seuil demain
Ne semez plus le doute au pas de l’avanie
Mais dîtes simplement le fond de votre entrainCar le monde est gavé de trop de zizanie.
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