Bonjour Ami poète
Si je suis d’accord avec les griefs que tu as contre les éoliennes, je donnerai un avis un peu plus nuancé sur les conséquences de cette énergie.
D’abord, la production de CO2 consécutive à leur production. Elle doit être comparée, c’est normal, à la production de CO2 produite pour la production d’électricité conventionnelle (nucléaire compris), donc non seulement celle due aux fonctionnement (gaz, charbon et autre) mais aussi celle consécutive à la production et au démantèlement des centrales. Pour comparer, il faut tout comparer. Peux tu nous donner plus d’infos à ce sujet?
En ce que concerne le manque de vent, le problème tient essentiellement dans la difficulté de stockage de l’électricité produite. Mais on pourrait envisager d’utiliser l’énergie produite pour fabriquer une énergie stockable et peu polluante, comme l’hydrogène par exemple qui donnera par combustion de l’eau et pas de CO2.
Il faut aussi tenir compte que toutes les régions ne sont pas propices à l’installation d’éoliennes. Seules les régions les plus favorisées pourront développer efficacement ce type d’énergie et pourrait contribuer de façon non négligeable à la production d’électricité, comme le fait encore parfois l’hydroélectricité. L’écueil principal en l’occurrence, est le monopole quasi absolu d’EDF pour la production d’électricité et la puissance du lobby nucléaire. EDF fait de grosses difficultés pour racheter le surplus électrique des éoliennes, car c’est une atteinte à son monopole de production.
L’éolienne peut aussi constituer une source d’énergie bien précieuse pour de petites unités, petits groupes d’habitation, fermes, etc… surtout celles isolées et pour lesquelles l’alimentation en électricité par les fournisseurs officiels est difficile du fait de l’isolement.
L’alimentation par petites unités évite aussi un inconvénient que tu soulignes, les lignes à haute tension. Mais là encore, je dirai que ce n’est pas parce que EDF a massacré impunément les paysages depuis des décennies qu’on doit renoncer. De toute façon, si EDF accepte de racheter le courant éolien, il le fera transiter par ses propres lignes, donc pas de nouvelles lignes à tirer en théorie, sauf pour les très grosses unités de production et sur un trajet très court. Il est aussi possible d’enterrer les lignes et cela s’est déjà fait dans plusieurs endroits. Cher et on paie répondras tu, mais c’est un investissement pour des années et une démarche propre et écologique, donc bénéficiaire à terme.
Pour la dénaturation du paysage, EDF n’a pas attendu l’éolien pour le faire avec talent et cynisme. je suis d’accord pour ne pas en rajouter trop, je suis réaliste là dessus. Reste le bruit. N’ayant pas l’expérience d’avoir une éolienne à proximité, je dois avouer mon incompétence totale sur ce sujet. Mais je me souviens très bien, dans ma jeunesse, du bourdonnement incessant et assez fort de la ligne à haute tension qui passait près de la maison de mes parents, surtout par temps humide.
De même, on crie contre les éoliennes pour le bruit, mais on ne prête que peu d’attention à la pollution grandissante par les ondes à hautes fréquences émises par les émetteurs, les antennes et les téléphones portables. Ayant travaillé plusieurs années dans ce domaine dans les années 1980 en étudiant leurs effets biologiques, et au vu des travaux plus récents qui ne font que confirmer les premiers résultats obtenus, je suis plus réservé sur les effets à long terme de cette pollution silencieuse que sur celle du bruit provoqué par les éoliennes, mais c’est certainement du à mon ignorance.
Pour conclure ce trop long bavardage, mais je pensais sincèrement qu’il fallait qu’une opinion un peu plus nuancée s’exprime, ce n’est pas par hasard que des pays très dépendants des énergies non renouvelables comme la Belgique ou la Hollande, ou moins dépendants comme la Norvège, se sont lancés dans l’éolien et autres énergies renouvelables à plus grande échelle. Outre que ces pays sont favorisés sur le plan de ces énergies, ils ne calculent pas à courte vue, mais à long terme. Ils voient la crise de l’épuisement du pétrole et d’autres sources. Ils investissent dans l’avenir et prennent de l’avance sur le plan technologique. Cette perfection technologique nous manquera cruellement le moment venu si nous n’y prenons pas garde. L’éolien n’est qu’une facette parmi les multiples sources d’énergie auxquelles nous pouvons puiser et qui peuvent assurer une partie des besoins. mais je pense qu’il faudra démultiplier la production en plus petites unités desservant des territoires locaux faisant appel à différentes ressources (éolien, force marémotrice, solaire, méthanisation des déchets) pour produire de l’électricité (non stockable) ou de l’hydrogène (énergie propre stockable).
La catastrophe de Fukushima (qui n’est encore qu’à sa phase initiale, car malgré le silence radio des médias, il est reconnu qu’on n’arrive pas à maîtriser correctement le problème et que la situation s’aggrave tous les jours), le prix et les problèmes technologiques du démantèlement des centrales nucléaires en fin de vie ( demander l’avis objectif des experts qui se sont penchés sur les problèmes de démantèlement de Brennilis et de Chooz ce qu’ils en pensent, et ce qu’ils pensent des problèmes qu’ils vont rencontrer avec les autres réacteurs nucléaires définitivement arrêtés, Marcoule, Chinon, St Laurent, Bugey, Cleys Malleville, ainsi que bientôt Feissenheim) font partie du prix de l’énergie que nous consommons, et les risques pour la santé publique liés à ces opérations n’ont jamais été chiffrées dans la réalité (et pour cause).
Notre avenir est dans le multifocal de l’énergie, et devrait être centré principalement sur les énergies renouvelables propres et si possible stockables. C’est la seule solution pour que la production énergétique pèse moins sur la production de CO2
Amicalement
Daniel
Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)