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Poème partagé par gentilprince – création poétique en ligne
LES FOURMIS CRO-ONDENT
Si les volants
C’est effrayant,*
Pour les rampants
C’est terrifiant.
L’exemple frappant,
Le plus parlant,C’est les fourmis,
Pour être précis.
Ces bienheureuses
Sont des frileuses
Et tout l’hiver,
Elles vivent sous terre.La fourmilière
Est saisonnière.
Durant six mois,
Nul ne les voit.
Elles se reposent,
On le suppose.Elles ne font rien
Au quotidien.
Vont sur le Net…
Restent sous la couette…
Lisent des bouquins,
Sur les humains…Dans les réserves,
Toutes se servent.
Elles sont emplies
De bons produits.
Elles ont du miel,
Au naturel.Dans les bocaux,
C’est du sirop.
Les confitures,
Elles sont aux mûres
Et puis les fruits,
Eux sont confits.Oui mais voilà,
Les tas sont bas.
La déraison
Et la foison,
Deviennent disettes
Dans les assiettes.Les biberons,
Sont vides au fond.
La nurserie,
Pleure des cris
Et les frigos,
Sonnent l’écho.Il y a urgence,
C’est une chance,
C’est le printemps,
Il était temps.
Pour le départ
Elles se préparent.
———————————
Sortir de l’ombre,
Des boyaux sombres,
Vers le ciel bleu,
C’est dangereux.
Chacune s’étale,
L’écran total.Ça sent la crème,
Plaisir suprême,
L’odeur de plage
Va se propage,
Dans les couloirs,
Couleur de noir.Les yeux aussi,
Sont rétrécis
Et les paupières
Fuient la lumière.
Chacune sa paire,
De verre solaire.Pour être complète,
Il reste la tête
A protéger
Des chauds U.V.
Bobs ou chapeaux
Borsalinos.Ce chaud soleil
Les émerveille.
C’est les beaux jours,
Elles vont et courent.
Cette vraie chaleur,
Créait du bonheur.Les besogneuses,
Á têtes chercheuses,
Vont faire le tour
Des alentours.
Oui, mais autour…
Il y’a ma cour.
—————————
Sur ma terrasse,
Je me prélasse.
La vie est belle,
Une hirondelle.
Premier soleil,
Je m’ensommeille.Mais qui voilà !
Qui passe là…
Une colonie,
De grosses fourmis.
En file indienne
Tranquille, sereine…Oui, sauf qu’ici,
C’est chez Bibi.
Elles sont aimables,
Mais c’est ma table
Et moi j’aime pas !
Ces fourmis-là !Donc, moi, j’achète
En superette
Du bon poison
Dans un flacon.
Au goût sucré,
Très concentré.C’est calorique
Et diabolique.
C’est optimal,
Chirurgical.
La notice dit :
UN RIEN SUFFIT.Sur le chemin,
De ces gredins,
Je pose une goutte,
Mais j’ai un doute…
J’en ajoute une,
C’est sans rancune…Je les observe,
Elles se resservent.
Cent sont autour.
A qui le tour ?
Elles en raffolent,
Moi, je rigole.
————————
Ces travailleuses
Sont rigoureuses.
Elles marchent droit,
N’écoutent qu’une voix.
Elles obéissent
À leur police.C’est un principe,
Toutes participent,
Au remplissage,
Puis au partage,
De leurs paniers,
Tressés d’osier.L’eau à la bouche,
Personne ne touche.
Elles sont dociles.
C’est difficile,
Car le sucré
Est a porté.Alors, elles portent,
Elles le transportent,
Ce met fameux
Et délicieux.
Tous ces bons plats,
Pour le repas.Avant de mordre,
Elles attendent l’ordre,
De se servir,
De se nourrir.
C’est militaire,
Ça, elles savent faire.Puis vient l’ »Á TABLE ! »
Insupportable…
C’est tout le nid,
La colonie,
Qui s’exécute
En deux minutes.Les dix millions,
De fourmillons,
Pleurent en cadence
C’est une urgence.
Les nurseries
Pleurent des cris.Les chauffe bib’ron
Sont en action.
Elles crient, elles grondent.
Les micros ondes
Sont en fonction
Répétition.Ding !
Qui ouvre la porte ?
Puisqu’elles sont mortes…
Les pleures inondent,
Elles cro-ondent.
Les fourmillons,
Pleurent par millions.Thierry
*Voir : Les bêtes… Oh… Bon Dieu !
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