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Poème partagé par daniel46 – création poétique en ligne
Menottes affairées, petits visages ronds,
Mémé vient de sortir son plus grand saladier.
Faïence blanche et bleue, patiné, fendillé,
Saladier magique où les gâteaux sont si bons.Le verre gradué est blanchi de farine.
Les petits doigts aussi, qui ont trempé dedans.
Trois œufs blonds sont posés sur la table, attendant
La main qui les fendra au bord de la terrine.A présent les petits minois, regard brillant,
Surveillent le fouet de bois usé et doux
Qui mélange les œufs avec le sucre roux,
En crème qui s’allège et mousse en pâlissant.A présent la farine et le beurre fondu
Viendront parachever cette préparation.
Un moule est préparé, beurré par précaution.
La pâte s’y écoule en ruban continu.C’est dans le four, ce four célèbre de Mémé,
D’où sont sortis des mets superbes, savoureux,
Que le biscuit viendra, bombé et merveilleux,
Eveillant l’appétit par sa croûte dorée.Un peu plus tard, devant la faim de ses doux anges,
Grand mère va sortir deux pots de ses gelées,
Framboises et cassis, qu’elle a faites l’été,
Et découpera le gâteau pour qu’on le mange.Et devant les petits qui ouvrent de grands yeux,
La bouche barbouillée de rouge et de miettes,
Alors que rien ne reste au fond de leur assiette,
Chère Mémé, tu ne pouvais te sentir mieux.Le 1er juin 2001.
Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)
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