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Poème partagé par Noel-Opan – création poétique en ligne
Quand jadis ton amour quémandait mon écho
Je gardais le silence en poltronne faiblesse.
Aujourd’hui je l’avoue, en pesant ce propos,
Que mon cœur hésitant se perdait en mollesse.O princesse sans fard qui sut tant me séduire
Tu transportes toujours ce parfum de Castille,
Et je sens qu’un tourment revient pour reproduire
Cet élan délicieux qui me mit en bastille.De Madrid à Paris, du soleil au ciel gris,
Nous partions en voyage et courrions la campagne.
Pourquoi donc, aujourd’hui, redonner tout ce prix
A ce temps révolu et parler de l’Espagne.Tu rêvais de l’amour comme fait un enfant
Qui voit la mariée encombrée en sa traîne,
Mais qui veut que les fleurs aient le port triomphant
D’une fête accomplie, à la joie souveraine.Si je tus ma passion, tu en fis tout de même
Au point que le présent qui sillonne nos fronts
Se demande toujours s’il fallait que l’on sème
Ces graines au terreau de nos corps forgerons.J’eus toujours le sang chaud de l’Espagne en folie
Qui décline son feu en grattant sa guitare
Et qui fait que le noir de la voûte jolie
Parsème ses joyaux jusqu’au pays cathare.Je fus ce troubadour et poète accompli
Qui donnait du reflet à ta douce figure.
En ce jour je te crie au travers de ce pli
Que le temps est venu de revoir notre augure.Maintenant le présent a le goût du passé
Et ton joli pinceau dessine la nature.
Je lis sur ton tableau que tout s’est défroissé
Pour laisser à ta toile un talent de peinture.Ton fidèle pastel évoque notre vie
Qui fut un long chemin parsemé de méprise
Maintenant, tout contrit, je te dis mon envie
De prévoir le futur comme une autre entreprise.
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